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Les Garçons sauvages Les Garçons sauvages

CRITIQUES

Les Garçons sauvages – Un film français sous influence Lychienne – La Critique

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Premier long-métrage inespéré

Après plus de 20 ans d’activité dans l’ombre, à réaliser court-métrage sur court-métrage, Bertrand Mandicos réalise enfin son premier film en format long, Les Garçons sauvages. En résulte une œuvre inattendue et surprenante. Un cinéma d’art et essai comme ses précédents courts, mais cette fois-ci une histoire réelle et touchante en découle. Une œuvre chimérique, entre rêve et réalité au propos très moderne et engagé… Une expérience forte et inédite.

Résumé : Un groupe de 5 garçons rebelles et hypers violents commet un jour l’irréparable, le meurtre d’une femme. Arrivant à passer à travers les mailles du filet de la justice, ils sont tout de même pris en charge pour leur correction. Ils sont confiés à un homme froid et énigmatique appelé : “Le Capitaine”. Ce dernier les embarque sur une croisière qui a pour but de les remettre sur le droit chemin. Ils finissent par naufrager sur une île bien mystérieuse…

 

Une épopée transgenre et métaphorique

Bertrand Mandicos est un réalisateur qui vient de l’animation, et plus précisément du stop-motion. Cela se sent dans sa réalisation qui frôle parfois “la débrouille”. Fabriqué avec trois bouts de ficelle, 2 cartons et un tube de paillette Gifi, certains effets spéciaux sont plus que “kitsch”. Mais bizarrement cela fonctionne à merveille et l’on y croit. Les Garçons sauvages finit par être un Freestyle jouissif où tout est permis, même les folies les plus inattendues.

Filmé dans un noir et blanc très stylisé, à contretemps avec son époque. Il est outrageusement entrecoupé de multiples phases de couleur. Un visuel tantôt réaliste tantôt très expérimental, à la limite d’un l’intellectualisme élitiste exacerbé. Ce foisonnement d’idées esthétiques pourrait donner un mélange indigeste, mais finalement le trip reste homogène et somptueux. Le réalisateur nous renvoie aux origines même du cinéma, et nous rappelle les classiques de Mêliez parsemé d’une histoire à la Jules Verne.

L’esthétique ambiguë et déroutant n’est naturellement pas là pour rien. Il sert le propos même du film. Tout le récit se fonde sur la sexualité, la violence et la place que tentent de trouver des jeunes qui ne sont pas adapté au monde qui les entours. le rapport au corps et à la sensualité est primordial, les enfants sont comme des animaux à la recherche de chair fraîche. Une esthétisation violente et troublante de la jeunesse perdue.

Les Garçons sauvages

Les enfants terribles !!

Le choc du film nous attrape dès la vision du casting, 100% féminin. Un trouble ambigu qui nous hante durant tout le visionnage. La performance de ces actrices est tout bonnement impressionnante. Un vrai discourt sur “le genre” au sens large qui nous donne à réfléchir sur la vision de la sexualité et sur l’affirmation des genres.

Au delà du discours transgenre la violence y est aussi très représentée. Une sorte d’ Orange Mécanique doublé d’un style onirique à la Lynch. Un conte pour adultes qui nous rappelle que les auteurs d’art et d’essais populaires comme Lynch ou Cronenberg ne sont pas encore finis. Brillant de mille feux, les trésors que renferme ce film sont infinis. Que ce soit par les décors en studio fascinant d’inventivité et d’un kitsch éblouissant, les dialogues dignes du cinéma classique des années 40  ou bien évidemment ces magnifiques actrices… Tout est réuni pour charmer les amateurs d’un style de cinéma différent. Les Garçons sauvages est comme un chant de sirènes envoûtant auquel on ne peut pas résister.

Les Garçons sauvages

Une expérience à vivre et à découvrir

Ce qu’il faut retenir c’est que Les Garçons sauvages est une œuvre comme il n’en existe quasiment pas. Du moins dans le paysage français. Une expérience stylistique unique qui change notre vision du cinéma et de ce que l’on peut en attendre. Un film qui envoie baladé les tabous sociologiques et ose un discours sur la sexualité et le genre tout à fait inédit.

Bertrand Mandico donne un violent uppercut au fondement même des codes cinématographiques. Une œuvre qu’il faut découvrir par soi-même pour en percevoir tout le charme et l’importance. Un trip cinéphile inédit et maîtrisé que tout bon amateur de nouveauté et d’originalité devrait voir.

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