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La Nuit a dévoré le monde La Nuit a dévoré le monde

CRITIQUES

La Nuit a dévoré le monde – Un film de genre réussi – La Critique

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La Nuit a dévoré le monde, et plus que ça

Très inspirée du scénario de 28 jours plus tard, La Nuit a dévoré le monde est indéniablement une réussite absolue. Découvert en avant-première à Paris grâce à la participation de la société de production et de distribution Haut et Court. Premier long métrage du réalisateur Dominique Rocher, il incarne une vision fraîche du cinéma français. Non, les films de genre ne sont pas morts et ça fait du bien de voir un tel potentiel sur un écran de cinéma.

Résumé : Sam (Anders Danielsen Lie) , est un jeune homme qui vient de se séparer de sa petite amie Fanny (Sigrid Bouaziz). En se rendant chez elle pour récupérer ses affaires, il constate qu’une grosse fête bat son plein dans cet appartement. Après s’être écroulé de fatigue, il passe la nuit enfermé dans une chambre. Mais au petit matin, il constate avec stupéfaction qu’il est le dernier survivant d’un massacre survenu pendant la nuit. Les morts ont envahi les rues de Paris. Il organise donc sa survie, prit au piège dans l’appartement…

 La Nuit a dévoré le monde

Apocalypse Now

Un film de zombies pour un premier long-métrage, voilà quelque chose de culotté. Mais un exercice qui peut s’avérer être aussi très dangereux, car le genre a déjà été traité, traité et encore traité. Mais Dominique Rocher arrive à tirer son épingle du jeu. En resserrant l’action sur un seul personnage, il nous offre près d’1h30 de malaise claustro-phobique insoutenable. Un huis clos astucieux où les zombies deviennent plus qu’une toile de fond. Ce qui lui donne l’occasion de créer un récit psychologique avec la séquestration de son personnage. Un sorte de Seul au Monde version zombie.

De ce fait, impossible de ne pas penser au classique Je suis une légende dans lequel Will Smith arpentait les rues de New York à la recherche de survivants, tout en se frottant à des êtres albinos peu sympathiques. Mais cette fois-ci c’est Paris qui est mise en scène. Cette ville privée de son vacarme assourdissant, de sa population fourmillante et de ses lumières étincelantes, se meurt elle aussi. Un monde post apocalyptique très bien rendu.

In your head… Zombie, ei, ei

Après Grave et son festin cannibale, Revenge et le gore complètement décalé et le futur Ghostland et son univers prometteur … Voici surgir un film de zombies assumé et très réussi … De quoi donner de l’espoir pour le futur de la production française qui casse les genres.

La force du film vient surtout de son esthétique et sa mise en scène. Optant pour des plans-séquences au steadicam, le réalisateur nous installe dans une atmosphère très réaliste. En ajoutant un grand angle dans des petites scènes d’appartement, le décor paraît gigantesque, et cela a pour effet de souligner la solitude du personnage, mais pas son étouffement. Effectivement le personnage ne se sent pas en danger et s’adapte très vite à sa nouvelle vie.

Mais le côté esthétique le plus réussi, c’est bien évidemment les zombies. Incroyablement stylisés, ils rappellent beaucoup ceux de The Walking Dead et leur aspect très réaliste. Le réalisateur opte pour des êtres dénués d’intelligence, mais rapide. Ce qui les rend fous, menaçants et très dangereux. Petit coup de cœur naturel au mort-vivant interprété par Denis Lavant, enfermé dans la cage d’ascenseur. Il tient compagnie au héros, comme un confident mortel. Il est la transposition de Wilson dans Seul au monde ou du chien de Je suis une Légende.

La Nuit a dévoré le monde

Survie et horreur

En plus d’être réussi dans son propos et son esthétique, le film nous marque aussi pour son sous-texte. On est bien loin d’un petit film d’horreur naïf. Non, La Nuit a dévoré le monde nous propose une vision du monde acerbe et cruelle. Les zombies deviennent une métaphore évidente d’un monde prêt à tout, même à se faire dévorer, littéralement, entre eux. Une idée simple qui se complexifie avec le rapport entre le héros et les zombies. Sam est inéluctablement attiré par ces créatures effrayantes. Du moins il les préfère à la solitude. Et c’est là que devient très intéressant l’analyse que nous livre Dominique Rocher.

Mais cet aspect est aussi souligné par la présence du zombie joué par Denis Lavant. Un zombie qui pourrait détenir une part d’humanité. En tout cas à travers les yeux du héros qui le désignent malgré lui comme un confident.

La Nuit a dévoré le monde

Le retour en force du cinéma français

La Nuit a dévoré le monde est un film à voir absolument. D’une part pour soutenir l’effort et la créativité d’un film français, d’autre part pour la réussite esthétique et scénaristique de l’œuvre.

Tous les effets de mise en scène fonctionnent que ce soit les jumps scare inattendus et peu futiles ou l’atmosphère chaotique et effrayante qui s’empare de nous par instants. Puis des moments de légèreté viennent contrebalancer tout cela (footing, musique avec les verres..). Tout s’enchaîne et s’entremêle sans aucun accro. Au final le message se résume à : « tant qu’il y a de de la vie, il y a de l’espoir ». Cela peut paraître naïf, mais grâce à ce film, finalement… On y croit.

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