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DOSSIER 64 – Interview de la productrice Louise Vesth et des acteurs Fares Fares et Nikolaj Lie Kaas DOSSIER 64 – Interview de la productrice Louise Vesth et des acteurs Fares Fares et Nikolaj Lie Kaas

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DOSSIER 64 – Rencontre avec la productrice Louise Vesth et des acteurs Fares Fares et Nikolaj Lie Kaas – Interview

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Les Enquêtes du Département V : Dossier 64 une excellente surprise

L’équipe d’EspritCine est allée à la rencontre de Louise Vesth, Fares Fares, et Nikolaj Lie Kaas, respectivement productrice et acteurs du nouvel opus danois : DOSSIER 64.

Alors que le Département V est sous tension avant le départ annoncé d’Assad, partenaire de l’inspecteur Carl Mørck, ces derniers se lancent dans une nouvelle enquête qui pourrait bien être leur dernière. Suite à la découverte de trois squelettes cachés derrière la tapisserie d’un vieil appartement, les deux enquêteurs et leur assistante Rose doivent exhumer une macabre affaire datant des années 1950 : sur la petite île de Sprogø, des femmes étaient internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad…

Les Enquêtes du Département V : DOSSIER 64 sera disponible le 7 mars en e-cinéma via l’ensemble des fournisseurs d’accès.

« Si l’on veut raconter des histoires, on a besoin d’être très ambitieux dès le début »

Tous les films du Département V sont des blockbusters au Danemark.
Que pensez-vous de la distribution en e-cinema et VOD dans les autres pays ?

Louise Vesth : “Je pense que c’est une bonne opportunité pour faire voyager les histoires. Bien sûr, j’adore aller au cinéma, et je trouve ça magique de se rendre en salle. Mais je crois que l’e-cinéma tel qu’on le trouve en France donne aux distributeurs beaucoup plus de flexibilité, car il leur permet d’éviter l’attente avant l’arrivée d’un film en salle. Ça leur permet de mettre plus d’effort dans l’exposition médiatique du film, et nous permet de vous rencontrer. Et surtout, ça permet au film d’atteindre un maximum de gens.”

Vous produisez les films de la saga depuis le début.
Pensiez-vous que cela irait si loin ?

Louise Vesth : “Au tout début, cela devait être une série télé – d’après l’idée de Jussie Adler Olsen, l’auteur. Mais quand j’ai lu les livres, je trouvais que les histoires étaient très fortes, suffisamment pour en faire des films. Dès le début, je voulais faire 4 films pour le cinéma. L’idée était de garder un niveau de qualité très élevé, car je pense que si l’on veut raconter des histoires, on a besoin d’être très ambitieux dès le début, pour faire mieux à chaque nouveau film.”

Avez-vous signé un nouveau contrat avec l’auteur pour un éventuel cinquième film ?

Louise Vesth : “Non. L’auteur veut écrire 10 livres au total, avec 7 livres qui sont déjà en vente. On savait depuis le premier film que Jussie n’était pas très satisfait de l’adaptation de ses livres. Ce qui est compréhensible. Il y a souvent des conflits quand on collabore avec l’auteur d’une histoire, car il a sa propre vision de son oeuvre. On a dû retirer certains personnages, certains aspects des intrigues originales. Je pense que ça a été dur pour Jussie, car il était toujours en train d’écrire à ce moment là. Et d’un coup on arrive, et on met des visages sur ses personnages…

On a modelé l’oeuvre selon notre propre vision. Et l’adaptation en film, c’est assez percutant, car on retire totalement l’aspect de l’image dans l’imagination du lecteur. Donc on s’attendait à ce que l’on ne puisse pas avoir les droits après le quatrième film. Maintenant, c’est une autre société de production qui va reprendre le flambeau. Et j’espère qu’ils feront d’autres très bons films.”

« On travaille très bien ensemble »

DOSSIER 64 raconte une histoire très sombre.
Comment était l’atmosphère sur le plateau ?

Fares Fares : “Déprimante. Non, je plaisante. C’était génial. Pas à cause du sujet, mais parce qu’on travaille très bien ensemble. On a eu une bonne relation avec le réalisateur, ce qui est super. On savait que ce serait notre dernier film tous ensemble, alors c’était notre façon de nous dire au revoir, et notre occasion de mettre en scène toutes nos idées pour les personnages.”

Quelle scène avez-vous préféré jouer ?

Fares Fares : “La scène dans l’hôpital. C’était la plus gratifiante à tourner.”

Et quelle était la plus difficile ?

Nikolaj Lie Kaas : “La même !”

« C’est pour ça qu’on va au cinéma, pour voir ces gens auxquels on peut s’identifier »

Dans le film, Assad est sur le point de quitter le département pour un autre poste.
Bien qu’il décide de rester à la fin, cela donne au film une tension supplémentaire.
Ce film est le dernier de la saga, qui met fin à une longue collaboration: est-ce que vous ressentez l’angoisse de la séparation, comme vos personnages?

Fares Fares : “Non, pas vraiment. On savait depuis le début qu’il n’y en aurait que quatre, et surtout, on savait qu’on devait s’amuser pendant que ça durait. Je pense qu’on a terminé la saga sur Carl et Assad sur une note positive. Je me souviendrai de ces films et de ces six années avec beaucoup de joie, mais en même temps, je sais que si on avait continué, on aurait fini par perdre notre passion pour le projet. C’est bon de se dire “voilà, c’est fini”.”

Est-ce que l’alchimie entre vous a été instantanée, ou bien est-ce que ça a pris du temps ?

Fares Fares : “Je pense que c’était instantané. Enfin, pour moi ça l’était! *rires* Bien sûr, on apprend à se connaître un peu plus avec chaque film. Je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps et que ce soit si intense, du moins jusqu’au deuxième film. Mais l’alchimie de base entre nous a été là dès le début. Ce n’est pas quelque chose qui s’invente. Elle est là ou elle n’est pas là. »

Qu’est-ce que ça fait de porter ces personnages pendant si longtemps ?
Vous êtes-vous rapprochés d’eux, est-ce que vous les ramenez chez vous à la fin de la journée ?

Fares Fares : “Pas moi. C’est un travail, et je le fais avec beaucoup de passion. Mais ce que je ramène chez moi, c’est les relations privées que je développe avec les gens avec qui je travaille. Avec notre scénariste, par exemple, Nikolaj Arcel, et notre premier réalisateur, Mikkel Norgaard, qui est toujours avec nous. Je ne dirais pas que les personnages restent avec moi, sauf dans certains cas où ils me collaient un peu plus. Mais pas ici.”

Nikolaj Lie Kaas : “Personnellement, j’accepte le fait que j’ai une part de Carl en moi. C’est quelque chose que j’espère qu’on a tous en nous: le connard égocentrique qui déteste les autres, et qui n’arrête pas de dire qu’il peut se débrouiller tout seul. Parfois, j’ai envie d’être cette personne. Je me dis que je vais mourir tout seul si je vis comme ça tout le temps, mais parfois, ça fait du bien d’accepter que c’est une part de moi.
Et on me demande souvent, peux-tu t’identifier à Carl ? Et je réponds, oui, bien sûr, même si c’est un véritable salaud. Il est loin de moi en tant que personne, mais il a des côtés qui me ressemble. Et je pense que c’est pour ça qu’on va au cinéma, pour voir ces gens auxquels on peut s’identifier, et font ces choses que parfois, on a envie de faire.”

« J’ai essayé de rendre Assad plus humain, plus moderne »

Est-ce que ça a été difficile pour vous deux de rentrer dans vos personnages pour ce film ?
Est-ce que vous avez des inspirations ?

Fares Fares : “D’une certaine façon, pour ce projet, on a été un peu limités, vu que c’est basé sur un livre. Donc on ne peut pas essayer des trucs trop foufous. Et ça parle de la relation entre deux personnages, donc il faut respecter les idées de l’autre personne.

Au début, j’ai essayé de rendre Assad plus humain qu’il l’est dans les livres, plus moderne. Ensuite, c’était tout sur la relation entre Carl et Assad, ce qui demande beaucoup de collaboration entre moi et Nikolaj. Et en plus, il y a la barrière de la langue: je suis Suédois, et le film est en Danois. C’est plus difficile que ça en a l’air, j’ai dû beaucoup travailler avec un coach de dialecte.”

Nikolaj Lie Kaas : “Devenir Carl a été assez difficile pour moi, surtout au début. Il est si subtil, à ne rien faire, ne rien montrer. Et on avait besoin de montrer quelque chose au public. On a beaucoup discuté de ça: est-ce qu’il est trop stupide, trop solitaire, est-ce qu’on le déteste? Cette relation ne fonctionne que grâce au fait qu’ils sont deux. Je ne peux faire l’idiot que parce qu’il est là. Si j’étais tout seul, vous ne voudriez pas regarder le film !
Être sinistre tout le temps, c’est assez facile pour moi, parce que je peux m’éjecter du personnage et faire le con très facilement. C’est comme ça que je fonctionne, surtout quand c’est très sombre.”

Le duo de Carl et d’Assan est assez marqué par cette opposition entre le good cop, Assad, et le bad cop, Carl, plutôt insensible.
Ici, les frontières se troublent un peu : Carl est troublé par le départ imminent d’Assan.
Comment vous avez abordé cette évolution dans vos personnages ?

Nikolaj Lie Kaas : “Depuis le début, le problème de Carl est qu’il répète toujours qu’il n’a besoin de personne d’autre. Et pourtant, c’est évident qu’il a besoin d’autres gens autour de lui. C’est ainsi qu’est le monde. Et on aimerait que ce genre de personne s’ouvre à nous.

C’est quelque chose qu’on ne pouvait pas aborder avant le dernier film, parce que ça aurait gâché la relation entre les deux. Il n’y aurait pas de point de départ pour les autres films si je disais immédiatement “Mec, je t’aime”. Mais cette fois, on a pu, et on en était tellement heureux, après tout ça.”

« Il est très difficile de jouer avec un personnage comme Carl »

Cette fois, Rose a un rôle plus important dans le film. Est-ce que vous
vouliez partir plus sur un trio qu’un duo cette fois-ci ?

Fares Fares : “On a toujours voulu être un trio avec Rose. Mais tous les films sont basés sur le duo Assad et Carl. Mais elle amène une dynamique intéressante. Quand j’ai lu le script du deuxième film, qui introduit Rose, j’avais beaucoup d’objections. J’étais genre: “Donc vous amenez un nouvel Assad, mais cette fois c’est une fille ?” Elle devait apporter quelque chose d’autre.

Quand Johanna joue le rôle, c’est le cas. Rose est devenu quelque chose d’autre que ce à quoi je m’attendais. Et c’est devenu drôle pour Assad de voir les interactions entre Rose et Carl. C’est une super dynamique, surtout dans les scènes de sous-sol, parce que Rose est plus ou moins la seule à pouvoir dominer Carl.”

Louise Vesth : “Je pense qu’elle joue un rôle très important pour le développement de l’histoire entre Carl et Assad. Elle devait s’imposer, car elle était introduite dans la deuxième partie. Ce qui est bien, car il fallait laisser le temps à la relation entre Carl et Assad de s’établir. Ça a créé quelque chose de dynamique. Selon moi, elle est très importante pour le dernier film, car ici ils se séparent, et c’est elle qui encourage Assad dans son évolution, alors que Carl se retire dans son petit monde cynique.”

Nikolaj Lie Kaas : “C’est aussi important de souligner qu’il est très difficile de jouer avec un personnage comme Carl. Ça ne devait pas être drôle d’être Fares parfois… Il ne reçoit rien de moi. C’est comme jouer avec une porte, ou une tasse, ou un verre, ou une bouteille. Je ne fais rien pour l’accommoder. Il me lance la balle, et je ne l’attrape pas. C’est pour ça que Rose est bien pour Assad.”

Fares Fares : “C’est drôle que tu dises ça, parce que je n’ai ressenti ça dans les toutes premières scène du premier film. Après ça, c’était plus facile.”

Louise Vesth : “C’est parce que tu es un bon acteur, et que tu es doué pour rester dans ton personnage. On a vu que certains personnages secondaires, qui restaient moins longtemps, avaient beaucoup plus de mal avec le personnage de Carl. Rester dans ton personnage, en étant en face de quelqu’un qui ne montre rien, qui n’exprime rien, c’est dur, même pour les meilleurs acteurs.”

Fares Fares : “C’est ce que j’ai trouvé dur au début. Mais ensuite je m’y attendais. On parlait beaucoup des scènes avant de les tourner, donc on savait dans quoi on allait. Donc je savais que ce n’était pas Nikolaj qui agissait comme un salaud! Autrement, j’aurais eu beaucoup de mal.”

Nikolaj Lie Kaas : “C’est pour ça qu’à chaque fois qu’un nouvel acteur arrivait, je lui disais avant qu’on tourne: “Dans une seconde, je vais me transformer en connard sidéral, donc prépare-toi.””

« Il y a beaucoup de choses silencieuses qui se passent entre les deux »

Qu’avez-vous lu en premier, le script ou les livres ?

Fares Fares : “Le script. Je ne suis pas très fan des livres, je n’aime pas Assad tel qu’il y est présenté. J’ai lu le premier tome pendant ma préparation pour le premier film, mais honnêtement, je me suis ennuyé… Donc j’ai continué avec le script.”

Est-ce que le script a beaucoup évolué au cours du tournage ?

Fares Fares : “Oui et non. Je veux dire, on a parlé du script avant de filmer, mais une fois qu’on a commencé à tourner, c’est resté plus ou moins le même. On avait le droit d’improviser un peu, mais la structure ne change pas beaucoup. Comme j’ai dit, pour moi, il y avait en plus la barrière de la langue, donc je ne pouvais pas m’écarter trop. Un peu plus à chaque film, mais pas beaucoup.”

Nikolaj Lie Kaas : “Ça dépend aussi beaucoup du genre, je pense. Ici c’est très focalisé sur l’histoire, on ne peut pas trop partir dans une direction ou une autre. À chaque fois on discutait, est-ce qu’on a besoin de cette blague dans cette scène, est-ce que c’est trop, est-ce qu’on fait trop descendre la tension… Ça, on peut en discuter. Mais avant le tournage.”

Louise Vesth : “Le script du film est écrit de façon très serrée. Nikolaj écrit presque comme on va couper, donc les scènes sont très serrées, et il y en a beaucoup. Ça a beaucoup grandit au fur et à mesure qu’on tournait, et je pense que c’est parce qu’ils se sont trouvés en tant que personnages.
Il y a beaucoup de choses silencieuses qui se passent entre les deux, alors il a fallu arranger les scènes de façon à ce qu’il se passe toujours quelque chose, en plus de ce qui est dit. On avait un premier montage très long, donc il a fallu élargir un peu les scènes afin d’apporter plus de développement aux personnages.”

« C’est une histoire qui n’a jamais été racontée dans un film auparavant »

L’histoire du film se base sur des événements réels. Est-ce que ces
événements sont très connus au Danemark ?

Louise Vesth : “Pour notre génération, oui — moins pour les jeunes, je pense. Mais avant, il y avait un endroit où on pouvait prendre le ferry et passer l’île où ces jeunes femmes étaient envoyées, jusqu’au début des années 60. Et les parents disaient à leurs enfants que s’ils se comportaient mal, ils y seraient envoyés. Je connaissais l’histoire, mais je sais que les jeunes actrices du film n’en avaient jamais entendu parler.”

Nikolaj Lie Kaas : “Moi non plus, je n’en avais jamais entendu parler.”

Louise Vesth : “C’est une histoire qui n’a jamais été racontée dans un film auparavant. Il y a eu des documentaires, mais pas de film. Et pourtant, c’est plus d’actualité que jamais! Il y a environ six mois, le gouvernement du Danemark voulait placer beaucoup de réfugiés criminels sur une île, avec un seul ferry par jour… Je pense que c’est une partie importante de l’histoire danoise.

À l’époque, c’était normal, ils pensaient que c’était une bonne chose. Ils pensaient donner à la société un endroit où ranger tous les problèmes, tout ce qui risquait de faire naître de mauvais gènes. Je pense que l’ADN du film, c’est cette brutalité, mélangée avec l’humour.
Et le challenge pour Nikolaj a été de construire un effet miroir entre l’affaire et l’histoire de Carl et Assad. C’est aussi pour ça qu’on a introduit Nour, la jeune fille immigrante: pour refléter l’affaire, pour l’actualiser. Ça a été difficile, car dans le livre, Carl et Assad ne sont presque pas là, ils sont plus une addition que des protagonistes.”

Découvrez notre critique des Enquêtes du Département V : Dossier 64.

Bande annonce

En attendant le 7 mars, n’hésitez pas à rattraper votre retard en regardant les opus précédents !

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