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IDÉE DE FILM

La piel que habito : un chef d’oeuvre d’Almòdovar

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Cette semaine s’est ouverte la 70ème cérémonie du Festival de Cannes que préside Pedro Almòdovar. L’occasion de revenir sur un des meilleurs films du réalisateur espagnol : “La piel que habito“.

La piel que habito” concentre tous les ingrédients qui ont fait le succès de son réalisateur. Les femmes, le sexe, la famille, les femmes, la vengeance, l’esthétique, les relations sociales, et encore les femmes.

Sorti en 2011, ce drame réunit Antonio Banderas, magistral, Elena Anaya et Marisa Paredes entre autres. Des acteurs que le cinéaste espagnol connaît bien.

“Un scénario troublant ” – La Piel que Habito

Il est difficile de résumer le film sans en dévoiler le scénario. Car la force de ce bijou du 7è art est bel et bien l’histoire. Outre l’esthétique du film très coloré, psychique et envoûtant, le scénario est d’un paradoxe génial mêlant complexité et simplicité que seul Pedro Almodòvar arrive à brouiller.

L’histoire se déroule à notre époque où Robert Ledgard (Antonio Banderas), chirurgien esthétique de renom, confectionne une peau synthétique. Ce qui est contraire aux règles de déontologie de la profession. Le secret est donc lourdement gardé quant à sa réalisation et surtout les motivations qui ont poussé ce médecin à entreprendre une telle opération sur une mystérieuse femme (Elena Anaya) gardée prisonnière dans une chambre de l’immense maison du médecin. Le flou demeure jusqu’à la compréhension progressive et saisisante des réelles motivations de ce chirurgien que le spectateur n’arrive décidément pas à ranger dans la catégorie du Bien ou du Mal.

De nombreuses références

Comme chacun sait Pedro Almodòvar est un immense conssomateur de films et de culture plus généralement. Son film est une adaptation libre et assumée de l’excellent “Les yeux sans visage” de Georges Franju. On y retrouve la même ambiance. Un grand château détenu par un médecin énigmatique, autoritaire presque totalitaire au sein de sa demeure.

Le réalisateur s’est également fortement inspiré de la célèbre nouvelle fantastique Française Véra à qui il a attribué le nom et certains traits de caractère au personnage d’Elena Anaya.

La piel que habito” fait également référence au roman de Thierry Jonquet, “Mygale”, allant même jusqu’à camoufler à peine le nom du chirurgien. Dans le roman ce dernier s’appelle Richard Lafargue tandis que Almodòvar l’a nommé Robert Ledgard.

Cette concentration culturelle est une des particularités du réalisateur espagnol. Il ne fait pas seulement du très bon cinéma. Il connaît le cinéma. Ce dernier l’a étudié, travaillé, bachoté, approfondi, analysé, observé, scruté, mûri. Bref. Il a appris à se perfectionner pour rendre dès lors des films d’une incroyable beauté artistique qui font aujourd’hui partie de la mémoire collective.

 

Le film du désormais président du jury de Cannes fait partie de ces oeuvres qui dérangent mais que l’on adore. En plus de son excellente réalisation et d’un Antonio Banderas parfaitement juste, les nombreuses références françaises de ce film ordonnent à chaque gabacho de le regarder encore, encore, et… encore.

 

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