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IDÉE DE FILM

Marie Stuart, Reine d’Écosse: Portrait romancé de deux souveraines – La Critique

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Marie Stuart Reine d’Écosse, un véritable voyage au 16e siècle

Si le cinéma permet une chose, c’est de donner la possibilité au spectateur de littéralement remonter le temps ! Hé oui, qui d’autre que le cinéma peut vous transporter des années en arrière ou en avant pour visiter une époque qui n’est pas la nôtre ? Alors préparez vos sacs à dos et votre plus beau pourpoint. Nous partons pour le 16è siècle avec Mary Stuart, Reine d’Écosse.

L’histoire débute en 1561, en Grande-Bretagne. Mary Stuart a dix-huit ans et elle est reine d’Écosse. Elle décide de retourner dans son pays natal à la mort de son époux, le roi de France, François II. Elle est reçue par son demi-frère, James. Il découvre qu’elle refuse de se remarier et a l’intention d’unifier le pays sous une seule bannière. En effet, Mary estime qu’elle est parfaitement légitime pour prendre également le trône du royaume voisin d’Angleterre, dirigé par Elizabeth. Cette dernière n’a pas d’enfant, n’est pas mariée, et voit d’un assez mauvais oeil ces provocations par sa voisine.

Mary n’est cependant pas en reste. La souveraine est en effet catholique, ce qui déplait fortement au reste du pays majoritairement protestant. Mais la personne qui se voit farouchement opposé à elle reste le clerc John Knox. Ayant l’appui du peuple, il va commencer à dénigrer la reine durant ses messes. La reine écossaise se rend bien vite compte que son entreprise est colossale et semée d’embûches. Entre les exigences d’Elizabeth, la pression de ses propres ministres et son devoir de reine, Mary se retrouve tiraillée de toutes parts…

Mary Stuart, Reine d’Écosse est le premier long-métrage de la réalisatrice Josie Rourke

Réalisé par Josie Rourke, Mary Stuart, Reine d’Écosse est le premier long-métrage de la réalisatrice qui avait surtout travaillé dans le théâtre. Son passif de mise en scène théâtrale se ressent tout de même dans sa direction du film car il en conserve le ton. Josie Rourke joue énormément sur le parallélisme pour confronter Mary et Elizabeth. Le film compte bon nombre de plans où les deux femmes vivront les mêmes ressentis, se tiendront dans des positions identiques, voire prononceront les même paroles. Cette façon d’aborder les personnages des deux reines nous permet de capter toute la fibre du film. Mary et Elizabeth se confrontent toujours avec ce rapport miroir dans lequel le spectateur comprend que, finalement, elles se ressemblent plus qu’elles ne le pensent.

Cette ressemblance n’est d’ailleurs que romantique. On sent bien que le film est romancé à l’extrême, au grand dam des aficionados du respect historique. Oui, le film souffre de plusieurs anachronismes, surtout par rapport à la relation entre les deux reines. De même, sous l’impulsion de la réalisatrice, plusieurs minorités sont représentées dans un contexte où elles n’auraient pu être tolérées. On comprend donc bien vite que le film n’a aucune vocation à être purement historique. Le long métrage préfère se concentrer sur le portrait de deux grandes femmes.

Mary Stuart, Reine d’Écosse tient plus du biopic romancé que de la fresque historique pure

Ces dernières sont brillamment incarnées par Saoirse Ronan et Margot Robbie. La première campe le rôle de Mary Stuart, protagoniste inspirante qui arrive à emporter vite le spectateur dans son élan. C’est une reine émue par un immense sentiment de justice, de bonté et de détermination. Peut être un peu trop, car on se rend vite compte que le personnage manque un peu de nuance, contrairement à Elizabeth. Cette dernière, jouée par Margot Robbie, est de prime abord inflexible mais on se rend rapidement compte que c’est une femme esseulée, qui ne désire pas de conflit avec sa consoeur. Oui, ces deux femmes sont toutes les deux tourmentées.

Et bien qu’elles soient les héroïnes du film, on constate que leur plus grand obstacle n’est pas le règne de l’autre mais la présence d’hommes malsains tout autour d’elles. Les personnages féminins seront d’ailleurs tous bienveillants, contrairement à la gente masculine du film qui retombe toujours avec le mauvais rôle. Les femmes restant en second plan sont de facto discrètes dans l’intrigue mais le spectateur ne peut manquer leur présence. Suivantes de la reine Mary ou Elizabeth, elles gravitent autour des deux femmes et demeurent leurs seuls appuis sincères. Parmi les seconds rôles du film, on apprécie David Tennant dans le rôle du clerc Knox qui joue à la perfection l’intransigeance religieuse. On peut citer aussi Guy Pearce dans le rôle de William Cecil, conseiller subtil d’Elizabeth.

En somme, Mary Stuart, Reine d’Écosse tient plus du biopic romancé que de la fresque historique pure. Le film a tout de même beaucoup de longueur et on en vient parfois à bailler devant son visionnage. Sa grandiloquence constante lui confère également plusieurs clichés, notamment dues au manque de nuance de la protagoniste. Ce n’est pas un film transcendant, ni un film raté, il reste plaisant malgré son manque de piquant. On peut déplorer le fait qu’on force l’admiration du spectateur envers les deux reines, mais le compromis peut néanmoins fonctionner. Si vous aimez les intrigues de cour et les personnages théâtraux au possible, alors ce film est peut être fait pour vous !

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