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CRITIQUES

Hostiles : Christian Bale au pays du Far West – La Critique

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De la poudre et des plumes

Depuis les années 2000, nombreuses ont été les tentatives de ramener à la vie le style western. Des essais qui ont été parfois audacieux (L‘Assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford), d’autres fois très nostalgiques des années 50 ( Appaloosa) ou carrément des remakes (3h10 pour Yuma). Mais la plupart du temps, cet effort donne naissance à des films très moyens. Les westerns semblent condamnés à ne jamais renouer avec l’âge d’or de sa gloire. Ceci sans compter sur deux réalisateurs de génie, Quentin Tarantino et Alejandro  Gonzales Inaritù. Tous deux, arrivent tels des phœnix à rassembler les cendres de ce style cinématographique pour créer des œuvres uniques et novatrices. Hostiles, le nouveau film de Scott Cooper s’inscrit dans cette digne lignée.

Résumé : En 1892 le capitaine Joseph Bloker (Christian Bale) garde une prison fortifiée où sont détenus des Cheyennes. Il est d’ailleurs considéré par la plupart comme un héros et un homme d’honneur. Mais son intégrité va être mise à l’épreuve par sa hiérarchie. Il va se retrouver en charge de l’escorte de son plus terrible ennemi de guerre le chef de guerre indien Yellow Hank. Parallèlement à ça, ils croisent la route de Rosalee Quaid (Rosamund Pike), une femme qui a vu sa famille entière décimée par une tribu Commanche. Une épopée façonnée par la souffrance, la violence et la mort les attend… Mais ils devront tous s’unir et être solidaire pour survivre à ce périple hostile…

Un récit philosophique puissant, doublé d’une esthétique sublime.  Hostiles s’ajoute au club très fermé des néo-western de bonne qualité.

 

HOSTILES

Nouvelle vague, nouveau Western

Le moins que l’on puisse dire c’est que Scott Cooper parvient à nous réconcilier avec le Western. Avec une influence puisant aux sources du nouvel Hollywood, ce film est un contre-pied total aux questionnements les plus élémentaires du Western. Derrière ces allures simplistes d’une simple quête, et d’un scénario tellement “déjà vu” qu’il en serait usé d’avance, c’est une complète relecture du genre que nous offre Scott Cooper. Ainsi le résultat  nous fait tantôt penser à la rudesse des personnages de Clint Eastwood, tantôt des dialogues réfléchis et révélateurs comme ont pu l’être ceux de Bonnie and Clide. Un mélange riche qui n’est jamais indigeste ou puéril. Une osmose parfaite entre poésie et réflexion sociale.

Hostiles devient presque une satire sociale sur la différence et l’acceptation. Scott Cooper fait sa petite révolution et sa nouvelle vague à lui tout seul. Utilisant le western comme un outil socio-politique pour mettre en relief des problèmes sociétaires encore d’actualité… Il fallait du talent, et il l’a fait. Hostiles prouve donc que le western est un genre qui n’a pas fini d’être exploité. Peut-être est-il éternel ?

Hostiles

Rosamund Pike, la veuve blanche

Le personnage de Rosalee Quaid est l’incarnation parfaite de cette pensée. Tout d’abord déchirée par la mort de sa famille, elle va devoir faire son deuil et avancer pour ne pas se faire détruire par son chagrin. Mais en rencontrant le groupe du général, elle va devoir faire face directement à son problème. Cohabiter avec des Indiens devient une épreuve insoutenable qui nous déchire nous aussi. Les Indiens deviennent une figure qu’elle discrimine radicalement suite au meurtre de sa famille. Elle ne peut s’empêcher l’amalgame tellement sa rage et immense. Or c’est là que le discours du réalisateur devient incroyable, les valeurs et les appréhensions des personnages sont encore d’actualité aujourd’hui.

Rosamund Pike tienT parfaitement son rôle. Elle qui nous avez déjà subjugué dans Gone girl, elle est cette fois plus forte que jamais. Aussi resplendissante qu’une Nicole Kidman au sommet de sa forme, sa performance est remarquable. Malheureusement pour nous, elle est trop rare encore dans le paysage audiovisuel. Mais ceci est en train de changer forte heureusement.

Hostiles

Bale cow-boy

Mais le pivot principal du récit reste la quête de Christian Bale. Deuxième collaboration entre l’acteur et Scott Cooper après Les brasiers de la colère. Ils nous prouvent que leur union est toujours fructueuse et savoureuse pour nous. Mais cette fois-ci Bale peut mettre un terme à toutes les rumeurs qui l’entourent. Souvent critiqué, à tors, d’être un acteur impassible à la poker face, il a pourtant prouvé son talent plus d’une fois. Une réputation exagérée qui lui viendrait de ses films comme American Psycho ou Equilibrium. Mais ses performances d’acteur ont toujours été excellentes notamment en Batman chez Nolan et surtout en gangster has-been dans American Bluff de David O’Russel. Mon rapport avec cet acteur a donc toujours été à deux vitesses. Mais j’ai toujours soutenu c’est bonne performance, et me languissais d’un coup de théâtre de sa part.

Enfin cette fois-ci la profondeur de son interprétation donne l’occasion de prouver son talent. Ses regards noirs et sa carrure imposante font déjà de lui un personnage puissant et inquiétant. Mais Scott Cooper ne va pas s’arrêter là. Le personnage de Christian Bale va peu à peu devenir l’objet de réflexion qui le dépasse. Il joue à la perfection un homme contraint de revenir sans cesse sur ses acquis, et en renouvellement constant. Une quête initiatique qui va ouvrir son esprit et le changer à jamais. A travers ce personnage le réalisateur nous offre une véritable leçon de tolérance spirituelle.

Hostiles

Road trip Western

Avec ces thématiques très “Westernienne” c’est une fable sur la compréhension de l’ennemi qui nous est décrite. Mais aussi la création de nouveaux liens via la plus ardue des quêtes qui soit, celle du pardon. Un chemin qui finira par balayer racisme et préjuger, qui comme des grains de poussière finissent par s’effacer. Préjugé, amalgame et racisme sont traités comme il le mérite, des barrières inutiles qui nous empêchent de comprendre et d’aimer son prochain. Des thématiques presque bibliques, mais tellement évidente qu’elles ne peuvent que nous séduire.

Traversant des prairies herbeuses et sauvages, des plaines arides, des brouillards épais et presque palpables ou encore des pluies diluviennes … toutes les textures sont au rendez-vous de ce voyage et permettent des changements d’atmosphère et de réalisation tout à fait impressionnant.

S’il fallait rajouter encore un prétexte pour voir ce film, ce serait sa bande-originale remplie de charme. Un piano mélancolique et discret, presque pudique il sublime les moments de doute et deuil d’une manière absolument déchirante. Une guitare sèche vient elle aussi nous envoûter pendant les moments de candeur, jusqu’au levé de violon qui arrive subitement briser cette retenue d’émotion pour nous exploser à la gueule comme une claque prise par surprise. Une raison de plus de vivre cette expérience.

Divertissant, convainquant, touchant par moment mais jamais ennuyeux Hostiles est un western à ne pas rater et côtoie déjà facilement les standards comme Appaloosa ou encore The Revenant.

 

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