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DADDY COOL – Interview du réalisateur Maxime Govare et des acteurs Laurence Arné et Jean-François Cayrey

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DADDY COOL

♫ DADDY, DADDY COOL ♫

 

EspritCine est allé à la rencontre du réalisateur Maxime Govare et des acteurs Laurence Arné et Jean-François Cayrey. Pour la promotion de DADDY COOL, ils ont répondu à toutes nos questions. C’est l’occasion d’en savoir plus sur cette comédie qui sortira en salles le 1er Novembre !

 

“Je voulais que les enfants soient les personnages principaux” – DADDY COOL

 

C’est intéressant de voir ce qu’il se passe au moment où on pense à avoir des enfants…

Maxime Govare : « On est avec quelqu’un et on se demande si c’est avec cette personne que l’on veut avoir des enfants. On peut avoir été avec elle pendant 10 ans et se dire « non mais attends, ça va être engageant et sérieux ». Il y a des conséquences à ça. Aujourd’hui on peut se marier, divorcer, ne plus jamais se revoir. On peut aussi avoir un enfant avec quelqu’un, quels que soient les rapports que l’on a avec cette personne. C’est vrai qu’il y a beaucoup de comédies sur le divorce. Mais le sujet de mon film, c’est la paternité et la maternité. Je ne voulais pas que les enfants ne soient qu’un sujet mais qu’ils soient les personnages principaux à l’intérieur du film. »

Laurence Arné : « On joue tous un peu aux adultes, à se chercher, à jouer un rôle. Le personnage de Vincent Elbaz reste très authentique. Il est peut-être un peu enfantin… Mais il reste en connexion avec lui-même. Alors que les autres vont se chercher et, finalement, se dire que ce personnage leur fait du bien pour ça. Il a un côté révélateur chez les autres. »

Jean-François Cayrey : « C’est souvent un point d’échappement : le fait d’avoir des enfants. Pour un couple, c’est le moment où « on y va ou on n’y va pas ». C’est le moment où on se sépare. On voit beaucoup de divorces au moment où il y a décision d’avoir des enfants. D’un coup, ça explose. »

 

“Le véritable sujet, c’est la paternité” – DADDY COOL

 

Quel est le véritable sujet du film?

Maxime Govare : « La comédie, c’est comment garder des enfants. Mais le vrai sujet, c’est la paternité. Avec qui les faire, comment vivre sa vie,… Il n’y a pas de choix plus engageant dans la vie que de choisir avec qui faire des enfants et comment les éduquer. A côté, se marier, prendre un appartement, changer de boulot : c’est facile. »

Laurence Arné : « Ce qui me plaisait vraiment dans le scénario, c’était le couple. Je trouvais qu’il était moderne, représentatif de notre génération. Je trouve que, en général, dans les comédies, les femmes sont un peu passives et se laissent guider par les hommes. Ici, j’ai bien aimé parce que j’ai trouvé que c’est une femme qui a une énergie et qui amène beaucoup de choses… »

Maxime Govare : « J’ai été élevé par ma mère et j’ai trois sœurs. Pour le coup, j’en sais un peu quelque chose ! Je suis entouré de femmes assez fortes. La question de la parité dans ma génération, c’est quelque chose qui ne se pose pas. J’ai toujours vu des femmes à responsabilités, à pouvoir,… »

 

“DADDY COOL est de la matière vivante”

 

Parlez nous du scénario…

Maxime Govare : « C’est un travail avec les comédiens. Sur le tournage, on peut toujours changer des choses. Avec les enfants on ne pouvait pas rester trop enfermés. On se rend compte qu’il y a beaucoup d’imprévus qui peuvent tout modifier. Il y a des répliques qui ont été improvisées. L’idée, c’était de pouvoir échanger. A partir du moment où Vincent et Laurence arrivaient à tenir leur personnage, c’était bon. Quand Jean-François Cayrey arrivait, il y avait des interactions entre Vincent et lui. La seule contrainte était qu’il fallait que ça se tienne. Ce film, c’est de la matière vivante. »

 

“On avait une grande liberté sur le plateau” – DADDY COOL

 

Qu’en est-il du tournage?

Laurence Arné :« On avait une grande liberté sur le plateau. Encore plus avec les enfants. On s’amusait à proposer d’autres choses. Maxime nous laissait une liberté tout en nous cadrant. C’est plutôt intéressant d’écouter des propositions de chacun. »

Maxime Govare : « En général, on ne tourne pas longtemps avec des enfants. Quelques jours tout au plus. Là ils étaient vraiment là tous les jours. On était vraiment concentrés sur eux. L’idée c’était que tout le film repose autour d’eux, avec le questionnement des adultes sur la question de la paternité. Pas sur la question de la garde d’enfants. »

En écrivant, aviez-vous déjà une idée des acteurs que vous vouliez?

Maxime Govare : « Tout s’est d’abord construit sur le personnage de Vincent. J’avais très envie de tourner avec lui. Une fois que j’étais sûr de l’avoir, j’avais besoin de quelqu’un capable de jouer en face de lui, d’être aussi drôle, être belle. Le but était de croire dans le couple. Pour Jean-François, je voulais avoir quelqu’un de très contraire à Vincent. Je trouvais ça touchant que des personnages aussi différents puissent s’apprécier. Pour Grégory Fitoussi, j’avais besoin d’un sosie de Vincent mais en plus « propre », respectueux des règles et un peu chiant. D’habitude, il joue des trucs sérieux. »

 

“Tout s’est construit sur le personnage de Vincent” – DADDY COOL

 

Parlez nous du personnage de Vincent Elbaz…

Maxime Govare : « Le personnage de Vincent est un personnage à moitié conformiste. Il prend les enfants comme ses égaux. Il ne leur parle jamais de façon régressive. Les enfants ont été très proches de lui pendant le film. On ne peut pas parler d’anti-conformisme si on ne met pas de référence à ça. La cigarette en fait partie. Je ne voulais pas que le personnage soit un ado régressif.

Il a beau être en T-shirt, il n’est pas en jogging, avachi sur le canapé. On peut être un type formidable et ne pas forcément être à la recherche d’être le meilleur dans son boulot. Rien que le fait d’être quelqu’un de bien, c’est déjà ça. Cela fait un héro du quotidien. Souvent dans les comédies, les mecs ont toujours des agences de pub, etc. Mais je trouvais intéressant que lui ne soit pas défini par son métier. Il a des choses plus importantes à donner. »

Laurence Arné : « Le personnage de Vincent est vraiment dans le rapport aux autres. Il est dans le partage, dans l’échange… Il est humain. »

Maxime Govare :« En fait, il y a deux films en un. Il y a « Vincent et Laurence » et « Vincent et les enfants ». C’est aussi une histoire sur la paternité donc il faut aussi mélanger ces choses là. C’est pour cela que le film est présenté comme une comédie mais en même temps, il y a des moments plus émouvants à l’intérieur. »

 

“Je trouvais cela agréable d’avoir un personnage qui change des clichés de comédie” – DADDY COOL

 

Ses goûts musicaux sont très variés…

Maxime Govare : « Oui ! Il n’est pas rationnel, il fonctionne au cœur. Je trouvais cela agréable d’avoir un personnage qui change des clichés de comédie. Personnellement, je peux aller voir une comédie qui a un côté totalement improbable et aller voir un film d’auteur étranger. Je suis sûr que dans la vie, on est tous comme ça. On peut écouter un vieux disque et apprécier des musiques modernes. »

Laurence, votre rôle est assez riche…

Laurence Arné : « Oui ! C’est ce que j’aimais dans le scénario. Mon personnage est très riche et complet. Elle est très énervée au début, puis elle entre dans la comédie en partant dans du bluff. Il y a des moments d’émotion… C’est vrai que c’est ce qui me plaisait : le fait qu’il y ait beaucoup de choses à jouer.  Je suis très sensible à l’histoire. »

 

Le personnage féminin n’est finalement pas très heureux….

Maxime Govare : « Elle est entre le cœur et la raison. Chacun des deux hommes le symbolise d’ailleurs.Il y avait une chose importante : c’est elle qui porte le pantalon dans le couple. Elle a les responsabilités financières. Quand elle et le personnage de Vincent se sont rencontrés, ils étaient jeunes, un peu rocks et rebelles. Ils avaient tous les deux des métiers artistiques. Lui s’intéresse à la musique, elle dessine. Après, elle est prise entre sa carrière, l’image qu’elle a d’elle-même, celle qu’elle doit donner, et, en même temps, le fait d’être amoureuse d’un homme enfant. Au début, elle est dure car elle a des responsabilités. Tous les personnages ont une fonction. Par rapport à Vincent est dans une impasse. Il subit tout. Laurence adorerait ne pas l’aimer mais elle en est incapable. En écriture, les personnages ont souvent envie de quelque chose mais besoin d’autre chose. »

 

“Mon personnage est très riche et complet” – DADDY COOL

 

Pourquoi faire du personnage de Laurence Arné une dessinatrice ?

Maxime Govare : “Je voulais que le public comprenne que le regarde de Laurence change sur Vincent. Mais de façon originale et concrète (et pas juste avec des plans d’elle derrière une glace ou d’elle appelant une amie). Au début, je voulais qu’on puisse comprendre qu’elle avait quelque chose “d’arty” et de non classique. Pour justifier le fait qu’elle soit avec Vincent. »

 

Avez-vous appris à dessiner pour le rôle ?

Laurence Arné : « Non, c’est une jeune illustratrice (Audrey Bussi) qui a tout dessiné. Entre les prises, je lui demandais de me montrer le coup de crayon, les gestes. Parce que je ne sais pas dessiner. Mais c’était intéressant de la voir travailler. C’était assez impressionnant parce qu’elle partait dans une pièce. Mais elle a beaucoup dessiné sur le plateau. Elle est très douée. »

Maxime Govare: « Oui, Audrey est venue régulièrement sur le plateau pour dessiner plusieurs fois. D’ailleurs on voit sa main dans certains plans. »

 

“Quand on peut le plus, on peut le moins” – DADDY COOL

 

Jean-François Cayrey, parlez nous de votre rôle…
Jean-François Cayrey : « Maxime m’a demandé d’avoir une certaine retenue. Ce n’était pas difficile parce que j’ai l’habitude d’être exubérant. Quand on peut le plus, on peut le moins. Donc quand on a l’habitude d’être exubérant, et qu’on nous demande de freiner un peu, c’est plus simple. Alors que quand on est toujours sur la retenue et qu’on vous demande d’être exubérant, il manquera quelque chose. Ce sera fabriqué. »

 

“Faire rire est très excitant et représente un véritable challenge” – DADDY COOL

 

Préférez-vous les comédies ou les tragédies ?

Laurence Arné : « En général, je préfère la comédie. Faire rire est très excitant et représente un véritable challenge. Quand on est dans une comédie, il y a plus d’enjeux : passer de l’émotion au rire et du rire à l’émotion, c’est quand même le plus difficile. Une comédie, c’est difficile à réussir !»

Maxime Govare : « La comédie c’est plus dur parce que c’est plus dangereux. Parfois, il y a des choses qui me font rire mais qui ne font rire personne d’autre. L’histoire, les personnages vont-ils intéresser les gens ? Est-ce que ça va être drôle ? Je trouve que la comédie est plus gratifiante. Parce que quand on va dans une salle, si les gens rient, on a une récompense immédiate. Alors que dans une tragédie ou un drame, parfois il n’y a pas un mot… On ne sait pas si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle. La comédie est un art très codifié donc je trouve ça plus dur. »

 

Retrouvez notre critique de DADDY COOL

 

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