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IDÉES DE FILMS

Rétrospective Steven Spielberg – trois films à revoir – La liste de Schindler (part 2/3)

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Rétrospective Steven Spielberg – La liste de Schindler

La rétrospective Spielberg

Cette semaine sort le dernier film du grand réalisateur Steven Spielberg. Pentagon Papers, malheureusement parti bredouille au golden globes, il compte bien se rattraper dans les salles et pourquoi pas au Oscar 2018.
Cette occasion nous a donné envie de revenir sur la carrière de ce géant du cinéma, en trois films. Trois dates clé, trois projets qui nous permettrons de mieux comprendre la filmographie de ce géant du cinéma.

 

Partie 2 – 1993 – La liste de Schindler – la maturité de Spielberg

 

Deuxième date importante dans la vie du réalisateur 1993. Cette année fut très chargée pour Steven Spielberg, qui réalisa coup sur coup le blockbuster Jurassic Park et le film qu’il voulait faire depuis des années, La Liste de Schindler.

Le film nous replonge durant la terrible époque de la Seconde Guerre mondiale. Nous racontant ainsi la vie d’Oscar Schindler (Liam Neeson), fils d’industriel Autrichien. Il va tout au long de la guerre aider le peuple juif en les faisant travailler dans son usine, leur évitant ainsi la déportation. Le film suit aussi en parallèle les atrocités commises sur le peuple Juif. Parmi eux Itzhak Stern (Ben Kingsley), qui deviendra l’un proche de Schindler et l’aidera à sauver des familles juives. Mais aussi la vie dans les camps de concentration ou le soldat SS Amon Göth (Ralph Finnes) déverse sa cruauté sur les Juifs prisonniers.

Ces trois personnages créent le triangle narratif du film et trois points de vue différents sur la guerre. Le point de vue d’un SS allemand, celui d’un juif subissant la guerre et le point de vue d’Oscar Schindler, pris entre sa fonction de chef d’entreprise et son aide qu’il apporte aux juifs.

Spielberg joue sur la complexité de cette narration pour retracer avec « fidélité » et compassion les atrocités de cette époque. Ce qui fait La liste de Schindler, un film magnifiquement réalisé, mais aussi indispensable à voir et d’une importance cruciale.

Rétrospective Steven Spielberg – La liste de Schindler

La génèse d’un projet titanesque

 

La genèse du film mériterait, elle aussi, sa propre adaptation. Tout commence par l’écriture du livre éponyme sorti en 1982. L’auteur Thomas Keneally, publie La Liste de Schindler après avoir rencontré Pfefferberg, un des Juifs sauvés par Oscar Schindler. Très vite le studio Universal achète les droits et veut produire une adaptation cinématographique. c’est là que la bataille commence.

Spielberg se trouve dès le début mêlé au projet, mais décline l’offre étant déjà occupé à l’époque par le tournage des deuxièmes aventures d’Indiana Jones. il propose donc le projet à Roman Polanski, qui décline l’offre lui aussi. Trouvant l’histoire du film trop proche de sa propre vie, sa mère étant décédée à Auschwitz. Les studios confirent donc la casquette à Martin Scorsese, qui refusa à son tour. affirmant: « seul un réalisateur juif serait capable de réaliser ce film ». Ce sera finalement Spielberg qui tournera le film entre mars et mai 1993. Universal lui donna le feu vert à condition qu’il réalise un petit blockbuster pour eux en contrepartie… Un petit film qui s’appellera Jurassic Park.

Avec le recul on se rend compte à quel point le choix de décliner le projet en 1983 était une bonne chose. Effectivement bien que Spielberg a de tout temps été un réalisateur hors normes, son cinéma manquait peut-être un peu de maturité à l’époque. Il sortait tout juste de Indiana Jones, Rencontre du troisième type et E.T, trois excellents films. Mais il fallait que le réalisateur se fasse la main sur d’autres longs-métrages plus « sérieux ». Ce qui fût le cas. Après La couleur pourpre, l’Empire du soleil et Always le réalisateur a pu adapter son style à des films Historiques. Au vu du résultat on ne peut que s’avouer heureux que le projet est mis si longtemps à voir le jour.

Acclamé par ces pères, et notamment Stanley Kubrick, petit Spielberg devient grand. Sa légende est lancée.

 

Spielberg face à l’histoire

 

A travers la Liste de Schindler, on peut identifier le deuxième aspect de la filmographie de ce cinéaste. Son attachement profond aux événements historiques et surtout ceux de l’Histoire Américaine. Mais il tient par-dessus tout à raconter les pages sombres de l’Histoire. Que se soit Hiroshima dans l’empire du soleil, la traite des noirs dans Amistad ou encore la prise d’otages durant les Jeux Olympiques de Munich dans Munich. Spielberg joue le rôle du grand-père, pipe à la bouche, au coin du feu, il nous raconte l’histoire de notre monde et de l’humanité. Et nous, nous l’écoutons avec attention, et surtout nous apprenons.

La liste de Schindler est un film complexe, jouant sur nos sentiments les plus primaires. Nous raconter des faits historiques de manière si brut sans nous ménager, ni embellir les personnages de manière grotesque. Cela nous touche, nous marque, nous traumatise même peut-être… Mais l’on apprend et l’on ressent quelque chose d’essentiel. Voilà comment Spielberg se sert du cinéma. Il nous véhicule un apprentissage à travers le prisme de son film.

Il existe une dualité constante dans ses films. Entre humour léger et enjeux historiques cruciaux. La liste de Schindler  ne fait pas exception et l’on peut remarquer quelques notes d’humour parsemé ici et là. Dilué dans les 180 minutes du film. C’est en ça que le cinéma de Steven Spielberg est brillant. Même dans un drame historique sombre et chaotique, il trouve le moyen d’apporter une touche de légèreté et de gaieté. Comme des bouffés d’oxygène dont le spectateur aurait besoin pour digérer toute l’histoire du film.

Car même dans les heures les plus sombres de l’histoire, il y avait aussi quelques fugacités lumineuses, qui faisait tenir ces hommes et ces femmes debout. c’est ainsi que Spielberg traite l’histoire.

Rétrospective Steven Spielberg – La liste de Schindler

Rétrospective Steven Spielberg – La liste de Schindler

Une réalisation hors du temps

 

Pour ce long-métrage, Spielberg opte pour un noir et blanc très marqué et très contrasté. Une technique qui sert non seulement à souligner l’idée du passé et d’un souvenir douloureux que notre mémoire nous fait subir, même si l’on aimerait oublier. Mais aussi par ce procédé le réalisateur peut contraster avec les événements qu’il veut mettre en valeur. Comme le célèbre exemple de la petite fille au manteau rouge. La couleur de son manteau est quasiment la seule que nous verrons tout le long du film. Cette petite fille symbolise tout naturellement l’innocence. Nous la retrouvons tout d’abord pendant le déportement, où elle semble marcher, éviter le regard des autres et être indifférente aux atrocités qui se passent autour d’elle. Le thème au piano de  Oyfn Pripetchik, sublime cette séquence qui stop notre cœur sur le coup.

Plus tard on retrouvera la petite fille décédée. cette métaphore marque la fin de l’innocence. La guerre est allé trop loin. Trop d’atrocité se sont passées, nous ne pouvons plus faire marche arrière. Oscar Schindler comprend alors qu’il doit lutter plus férocement contre l’ennemie. Une métaphore lourde de sens.

L’ouverture du film est elle aussi très symbolique. Les flammes des bougies sont en couleurs. D’un jaune apaisant. Puis les flammes se ternissent peu à peu pour prendre la nuance de couleur que nous garderons tout le reste du film. Nous sommes lors de la cérémonie Shabbat : la bougie est un symbole de vie et d’espoir. Une confusion  fumée transforme bientôt celle de la bougie avec celle du train de déportation. Encore une fois Spielberg utilise le médium du cinéma et ses codes pour nous faire comprendre l’histoire, les émotions et la dure réalité des faits en un simple montage.

Un Oscar pour oscar

 

Le film reçoit après sa sortie un succès autant public que critique. Il ne rafle pas moins de sept statuettes lors des Oscars 1994. Notamment, celui de meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleure musique de films, meilleure direction artistique, meilleur montage, meilleure photographie

Malgré leurs performances hors normes, Liam Neeson et Ralph Fines n’obtiennent pas celle du meilleur acteur, et du meilleur second rôle. Pourtant leurs prestations sont à couper le souffle.

Liam Neeson incarne parfaitement la complexité du personnage de Schindler. Un homme d’affaires qui resplendit par son carné d’adresse, et qui tisse des relations avec les membres les plus haut gradés du troisième Reich. Mais en parallèle il se sert de cette vitrine parfaite pour aider les Juifs à se cacher. Un choix qui n’est pas dépeint comme une évidence dans le film. Oscar hésite, se désiste plusieurs fois, mais finit par évoluer. Un magnifique changement psychologique, qui prend son temps et nous laisse contempler la magnifique performance de Liam Neeson. Malheureusement Tom Hanks faisait face à lui.

De son côté Ralph Fines lui incarne Amon Göth, un soldat SS ayant obtenu le surnom de « Boucher d’Hitler ». En dehors de l’aspect historique ignoble de ce personnage, l’acteur l’interprète avec force et cohérence. Fines donne une véritable profondeur au personnage, ne serait-ce que par son physique. A la fois charmant et inquiétant il incarne l’archétype parfait du méchant. Plusieurs séquences de monologue lui sont consacrées. Son jeu très théâtral mêlé de subtils accentuations « British » rendent ce personnage inoubliable. Il sera malheureusement coiffé au poteau par Tommy Lee Jones. Un grand regret.

Rétrospective Steven Spielberg – La liste de Schindler

Le projet d’une vie

Avec le temps Spielberg a acquis le titre de l’un des cinéastes les plus influents de tous les temps. Une partie de cette influence s’est jouée lors de la réalisation de La liste de Schindler. Le réalisateur a prouvé son efficacité en tant que réalisateur, sa maîtrise de scénario complexe et sa capacité à réaliser des films à la fois esthétiquement parfaits et d’un caractère historique primordial.

Un film à voir et revoir. Malgré sa longueur, il dure tout de même trois heures, ce ne sont pas des heures gâchées. Bien au contraire. il est indispensable et à voir absolument. Aussi important pour aiguiser une bonne cinéphilie, que pour comprendre l’histoire de notre monde.

Spielberg prend la place d’un conteur d’histoire. A travers La liste de Schindler, c’est l’histoire de l’humanité qui transparaît. Un film qui nous fait nous intéresser à notre passé, qui nous aide à panser nos blessures pour aller de l’avant. Car ce n’est qu’en connaissant le passé que l’on écrit vraiment l’avenir.

Le réalisateur nous prouve qu’il peut tout faire, et nous bouleverser à tout âges et de toutes les manières possibles. Il peut très bien nous embarquer dans un pays imaginaire et splendide comme pour E.T l’extraterrestre, mais aussi nous parler de thèmes plus graves et plus sérieux.

Un grand réalisateur, un grand film, un grand moment… Un véritable chef-d’œuvre en somme.

 

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