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CRITIQUES

Les Moissonneurs – Un drame trop lourd à encaisser – La Critique

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Une mauvaise récolte

Dans la sélection un certain regard, on peut tomber sur une variété de film infinie. Dans la course pour la caméra d’or il y a de bonnes surprises et d’autres fois, il y a Les moissonneurs.

Résumé : Dans un coin reculé de l’Afrique du Sud vit une communauté blanche isolée appelée les Afrikaners. Dans ce monde rural, vit Janno un jeune garçon qui aide ses parents à travailler la terre dans la ferme familiale. Sa vie bascule le jour où sa mère, chrétienne endurcit, décide d’adopter un orphelin du même âge que lui. Ancien toxicomane, Pieter est violent et impulsif. Janno va donc engager une lutte jalouse pour obtenir l’amour paternel et l’héritage de la ferme.

Voilà un scénario qui semble appétissant et profond. Typiquement Cannois, ce film aurait pu être l’un des grands favoris. Mais à trop vouloir en faire le réalisateur Etienne Kallos se noie dans son propos. Entre certaines longueurs et un esthétisme souvent limite, le film déçoit malgré son propos pourtant très intéressant.

Une thématique complexe

Le premier du long métrage est son propos. S’attaquer à un sujet comme les Afrikaners n’est pas chose aisée. Pour rappel, les Afrikaners sont un peuple blanc vivant en Afrique du sud mais étant d’origine néerlandaise, française, allemande ou scandinave. La langue dans laquelle ils s’expriment, est un dérivé du néerlandais.  On estime leur nombre à près de 3 600 000 à travers toute l’Afrique.

Déjà, c’est un sujet sur lequel le public n’est pas forcément renseigné. Cependant, ne comptait pas sur le film pour vous expliquer ou vous contextualiser le sujet. Au lieu de cela, l’histoire prends de nombreuses pistes différentes sans jamais les exploiter complètement. Ce qui rend le propos frustrant dans un premier temps et finit par nous ennuyer à la longue.

Tout d’abord, une piste sur la prétendue homosexualité de Janno est par la suite vite passée aux oubliettes. Ce qui est dommage, car cela aurait pu rajouter des enjeux pour que le garçon soit intégré dans une famille très catholique. D’autre part le background du personnage de Pieter devient un fourre tout où n’importe quelle épreuve de vie lui est associée : misère, prostitution, violence, drogue, trafic… trop pour être crédible et le jeu de l’acteur Alex van Dyk ne fait rien pour arranger le tout.

Une (vraie) tragédie familiale

Il reste néanmoins une véritable piste inintéressante, celle de la famille. Tout le speech du film repose sur la communauté des Afrikaners et son extinction. Le personnage de la mère reste passionnant. Elle est obsédante dans sa manière de vivre et la douceur qu’elle donne à ses enfants et inquiétante dans sa foi acharnée et l’amour auquel elle ne veut jamais s’abandonner. Une personnalité passionnante qui s’efface derrière d’autres acteurs en dessous de son niveau et une histoire qui ne lui laisse pas assez de place.

Dans cette chasse à héritage, il y a aussi le grand-père. Devenu sénile, il balance des phrases au hasard qui s’avère parfois plus que pertinente. Un autre personnage intéressant et sous exploité.

Enfin, passons sur des mouvements de caméra très brouillons qui veulent paraître réalistes mais qui sont en réalité illisibles. Le personnage du père et des trois petites filles qui sont bâclés et certaines métaphores qui sont plus que grossières.

Les moissonneurs est un long-métrage chargé de bonnes idées et de bonnes intentions. Mais en voulant trop en faire, le film se noie lui même dans son propos …

 

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