Connect with us

INTERVIEW

KNOCK – Interview de Lorraine Levy, Omar Sy et Hélène Vincent

Published

on

Knock

EspritCine est allé à la rencontre de Lorraine Levy, Omar Sy et Hélène Vincent. Il nous ont, bien entendu, tout confié sur leur dernier film KNOCK. A retrouver dans toutes les salles dès le 18 Octobre 2017 !

 

« On essaye de dire des choses sur notre société tout en gardant le sourire ! »

 

KNOCK, votre film, est une réadaptation de la pièce de Jules Romains, écrite en 1923. Pourquoi avoir situé votre histoire dans les années 1950?

Lorraine Levy : « En 2017, cela n’aurait pas été crédible. A l’ère d’internet, il n’y a pas une question qui ne trouve de réponse immédiate. Il fallait que cela s’inscrive dans un passé. Les années 50 me paraissaient un bon compromis. »

 

Le personnage principal est un médecin noir. Le racisme était omniprésent à cette époque. Pourquoi ne pas en avoir parlé d’avantage ?

Lorraine Levy : « On en a beaucoup parlé avec Omar. Nous étions complètement d’accord sur le fait de ne pas faire un film sur le racisme. Tous les films traitant du racisme étaient nécessaires mais nous voulions passer à autre chose. Mon Knock est noir, mais on passe à autre chose. Les gens du village vont chercher sa différence parce que chacun cherche la différence de l’autre.

Mais on ne pose pas comme un espèce de pierre d’évidence, et donc de séparation possible, le fait qu’il soit noir ou sa religion ou sa sexualité. Chacun vit sa vie et on passe à autre chose ! Passer à autre chose c’est raconter une histoire… Qu’on espère belle, drôle, émouvante et qui essaye de dire des choses sur notre société tout en gardant le sourire. »

 

« Je ne connaissais pas KNOCK »

 

N’était-ce pas osé de reprendre ce personnage si connu ?

Omar Sy : « Ce que je dis souvent au cours de la promotion du film, c’est que ce que l’on prend parfois chez moi pour du courage, c’est de l’ignorance ! Je ne connaissais pas Knock. Ni celui de Louis Jouvet. J’y suis allé un peu par inconscience ! Je l’ai appris après, mais c’était évidemment trop tard pour dire non. J’avais déjà accepté. Et je suis quand-même un homme de parole ! Par contre, je n’ai pas de formation classique. J’ai une trajectoire particulière qui n’est pas « comme les autres ». Quand je suis confronté au classique, je me demande donc si j’y ai droit. Il est vrai que le fait que le Knock de Lorraine Levy soit une adaptation m’a aidé à accepter. »

 

« Louis Jouvet jouait le KNOCK de Jules Romains, et moi je joue celui de Lorraine Levy »

 

Omar, votre adaptation de KNOCK est radicalement différente du personnage d’origine…

Omar Sy : « C’est justement l’ambition: de se détacher, de faire autre chose. C’est une adaptation donc certainement pas la même chose. Louis Jouvet jouait le Knock de Jules Romains, et moi celui de Lorraine Levy. Ce n’est pas le même mais c’est justement celui-là qui m’intéresse. Il a de l’humanité et est un peu plus lumineux. Parce que l’autre me fait peur et je ne sais pas si je pourrais le jouer. De toute façon, il est très bien fait. Donc on n’y touche plus et on fait autre chose. C’est mon but. »

 

« KNOCK est une libre adaptation du texte d’origine »

 

Ne vous êtes vous pas justement inspiré du personnage de Louis Jouvet ?

Omar Sy : « Surtout pas ! Il fallait justement s’en éloigner. Ce n’est vraiment pas le même. Il est inspiré du Knock de Louis Jouvet mais le notre est entouré. Il rencontre autre chose, a un passé. Notre personnage est dans une histoire où il y a d’autre personnes. Notre village existe. Knock est face à quelque chose et c’est ce qui est intéressant à mes yeux. Son interaction avec le village et les autres personnages. »

Lorraine Levy : « Il n’y a rien d’extravagant à s’amuser avec Knock après Jouvet. Je n’ai jamais entendu qu’un acteur soit le propriétaire d’un rôle. Un rôle passe de vie en vie, d’acteur en acteur, et chacun l’interprète à sa manière. Louis Jouvet ne l’a jamais enfermé dans une vitrine depuis le film de 1951 ! Je n’ai pas eu l’impression avec notre Knock de me mettre en parallèle. Ce n’est pas une réadaptation.

C’est juste une libre adaptation du texte d’origine. Quand Jules Romains écrit sa pièce, on est en 1923. Toutes les théories de la suprématie arienne voient le jour. Son Knock est empreint de tout ça. Aujourd’hui, il y a un thème qui me semble actuel : la place de l’étranger dans la cité. Je me suis éloignée de la réflexion de Romains pour en avoir une autre, qui, finalement reste liée. Mon Knock est plus solaire, plus généreux mais je n’ai pas gommé cette ambiguïté. Ce qui sauve mon personnage, c’est l’amour d’une jeune femme qui est dans la vérité et dans la simplicité des choses. Elle va le remettre dans le sensible. »

 

« C’était un projet difficile »

 

Parlez nous du personnage de KNOCK…

Hélène Vincent : « Il arrive avec un charme incroyable qui se manifeste dans le fait qu’il écoute les autres. Le fait de les écouter, de les regarder, les plonge dans une espèce de transe très désirante. Mon personnage (la veuve Pons) échappe à un destin tragique de femme qui s’ennuie. On sent bien que le village est un peu endormi. Jusqu’à l’arrivée de Knock, une surprise majeure qui revoit les cartes relationnelles du village. Il lui redonne de la vie. »

Lorraine Levy : « Tous les personnages sont en manque de tendresse et Knock leur apporte, même si ce n’était pas sa volonté première. »

Omar Sy : « Exactement ! Il pense que c’est à sens unique mais c’est dans les deux sens. »

 

Pourquoi avez-vous mis autant de temps pour réaliser votre film ?

Lorraine Levy : « C’était un projet difficile. Beaucoup de questions se sont posées et il faut du temps pour arriver à convaincre. C’est un film qui part avec beaucoup de handicaps. Il n’y a pas une scène de sexe, pas un meurtre, pas un cambriolage, aucune scène de prise de drogue… C’est une petite bulle d’un village. Knock, c’est comme un conte à l’intérieur duquel on essaye de raconter des choses avec une galerie de personnages dont je suis très fière. Les acteurs de ce film sont merveilleux. Ils peuvent donner vie à leur fantaisie, à leur folie avec un art consommé de la mesure. »

 

« Une rencontre entre la poésie et le comique »

 

Comment décririez-vous votre film ?

Lorraine Levy : « J’adore le terme de comédie ambiguë. Une comédie, c’est un grand sac fourre tout. Mais « comédie ambiguë » exprime la force et la puissance corrosive qu’une comédie peut avoir. Et Knock, c’est ça! Que ce soit le texte écrit en 1923 ou ma version, il y a moyen de prendre un plaisir d’enfant. Ma plus grande émotion, je l’ai eue à 7 ans devant un spectacle de Guignol. Depuis, je cherche à retrouver cette émotion. Avec Knock, je cherche également à la provoquer. Certaines scènes, peuvent être qualifiées de burlesques. C’est un art que j’adore. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on peut aller très loin dans la farce. C’est une rencontre entre la poésie et le comique. »

 

Découvrez notre critique complète du film !

 

Continue Reading
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

INTERVIEW

TOUT NOUS SEPARE – Interview du réalisateur Thierry Klifa

Published

on

TOUT NOUS SEPARE

« Nous voulions transposer les codes des films noirs dès années 50 à notre société » – TOUT NOUS SÉPARE

 

A l’occasion de la sortie de son dernier film, TOUT NOUS SEPARE, EspritCine est allé à la rencontre de Thierry Klifa. Un polar assez sombre à retrouver dans vos salles le 8 Novembre !

 

Considéreriez-vous votre film comme un polar et quel est son point de départ ?

Thierry Klifa : « Oui, c’est un polar. Un polar romanesque, qui frise aussi avec le mélo, comme souvent dans les films que j’ai pu faire. Le point de départ, c’était d’écrire un personnage d’héroïne de film noir, inspiré des héroïnes des années 50. Je voulais, pour Catherine Deneuve, écrire un personnage de justicière, de guerrière. Une mère qui serait prête à tout pour sa fille. C’est le troisième film que je fais avec elle.

Comme moi, elle adore les films noirs des années 50. Cela nous amusait beaucoup, avec Cédric Anger, de transposer les codes des films noirs à notre société et à notre monde actuel. Nous voulions voir qu’est-ce qu’une héroïne des années 50 ferait face à la voyoucratie d’aujourd’hui. C’était vraiment le point de départ. La première fois que j’ai parlé du personnage à Catherine, je lui ai dit : « Vous savez, si vous me dites non, la seule personne qui peut le faire, c’est Clint Eastwood ». Elle m’a répondu : « Laissez Clint Eastwood où il est, je ferai le film ». »

 

« C’est aussi un film sur les apparences, ce qui se cache derrière le masque que chacun porte » – TOUT NOUS SÉPARE

 

Est-ce que, pour vous, votre film reflète la réalité ?

Thierry Klifa : « Oui, il y a une part de réalité. Je pense qu’il y a quelque chose de très ancré dans une certaine forme de réalisme. Même si chez moi, le romanesque l’emporte toujours sur le naturalisme. Mais oui : c’est une violence à la fois morale et physique. Je ne sais pas laquelle est la pire. Personnellement, je pense que c’est la violence morale. Dans la deuxième partie du film, il y a quelque chose d’expiatoire pour cette femme. La violence morale est présente. »

 

Quel message vouliez-vous faire passer?

Thierry Klifa : « Ce qui m’intéressait, c’était aussi la filiation, la transmission. Cela doit être une obsession puisqu’il en est toujours question dans tout ce que j’ai fait. Du coup, il y a ça en filigrane. Mais il y a un message positif. C’est aussi un film sur les apparences, ce qui se cache derrière le masque que chacun porte. Le masque de la bourgeoisie pour l’une, celui du voyou pour l’autre.

Finalement, on se rend compte que ce qui manque le plus dans notre société, c’est le dialogue. L’échange et la communication. Derrière l’allure sage et bourgeoise du personnage de Catherine Deneuve se cache un passé trouble, une femme qui n’hésite pas à prendre les armes. De l’autre côté, derrière celui de Nekfeu, familier de la violence, se cache un garçon avec une véritable sensibilité, qui espère s’en sortir. Dans mon cinéma, il y a de l’amour, des sentiments et une certaine sensibilité. »

 

« Je voulais échapper à toutes les figures imposées » – TOUT NOUS SÉPARE

 

Diriez-vous que le personnage de Catherine Deneuve est un personnage animal ?

Thierry Klifa : « C’est exactement ça. Elle a quelque chose de très instinctif, de très animal. C’est une mère dans tout ce qu’elle peut avoir de plus naturel. C’est viscéral. Les gens sont très émus par son personnage. C’est aussi parce que c’est Catherine Deneuve qui le joue. Ce qu’on voulait faire passer dans ce personnage, c’est le fait qu’elle soit prête à aller jusqu’au bout. »

 

Que fait la police dans votre histoire ?

Thierry Klifa : « Elle s’en fiche. Un voyou qui meurt, ça en fait un de moins dans la cité. L’affaire est très vite classée. Ils parlent de règlement de compte et ça leur suffit pour fermer le dossier. D’ailleurs le personnage de Nekfeu le dit : « De toute façon les flics sont venus nous voir et ils s‘en foutent. ». Ils ont autre chose à faire et on le voit bien. Ce n’est pas ces dossiers là qui intéressent la police ou les médias.

Je ne voulais pas ajouter de pression médiatique ou policière. Je voulais faire un polar/thriller mais je voulais échapper à toutes les figures imposées. Dans les polars, en France, il pleut, tout le temps. Il fait nuit, tout le temps. Les gens sont de mauvaise humeur, tout le temps. Je voulais faire un film noir au soleil. Et que ce film soit lumineux. Je trouvais cela plus fort : que le danger soit dans la lumière. »

 

« Tous ces gens se côtoient, se croisent, vivent ensemble mais ne se voient pas » – TOUT NOUS SÉPARE

 

Vous avez tourné votre film à Sète et à l’étang de Thau. Pourquoi avoir choisi cet endroit ?

Thierry Klifa : « Ce qui m’intéressait, c’est que, souvent, les quartiers « chauds » sont excentrés. A Sète, la cité de l’île de Thau est collée au centre ville. Le chantier naval où travaille Catherine Deneuve est à 5 minutes de la cité. Tous ces gens se côtoient, se croisent, vivent ensemble mais ne se voient pas. »

 

Y-a-t-il eu un vrai travail d’immersion ?

Thierry Klifa : « Bien sûr ! Vous savez, j’ai été journaliste pendant 10 ans. Et c’est vrai que j’ai pris l’habitude d’ingurgiter beaucoup d’informations avant de faire un film. D‘abord, cela aide à écrire. Les situations vous sont données. On a moins de choses à inventer. Cédric Anger a beaucoup travaillé dessus. C’est un milieu qu’il connaît très bien. On ne peut pas arriver, poser sa caméra, sonner aux portes. Il faut que des gens vous accueillent. C’est un vrai travail de plusieurs semaines. On leur demande leur avis, on fait lire le scénario. C’est important de dire que, dans ces cités, il y a de la vie. Des gens qui pleurent, qui rient, qui tombent amoureux. Après on fait quand même un film noir donc, on y montre forcément de la violence. Mais je ne voulais pas trahir cet endroit. Je souhaitais être le plus respectueux possible. »

 

« Nekfeu m’a tout de suite plu » – TOUT NOUS SÉPARE

 

Pourquoi avoir choisi Nekfeu ?

Thierry Klifa : « Tous les acteurs qui l’entourent viennent de la cité. Mais Nekfeu m’a tout de suite plu. Au départ, je voulais un inconnu ou un débutant. Ce qui s’est passé c’est que je l’ai vu sur la couverture des Inrocks. J’ai trouvé que son visage et son comportement étaient intéressants pour le personnage. C’est l’icône de la jeunesse. Je lui ai donné le scénario à lire. Il m’a dit qu’il était intéressé et on a travaillé ensemble. Je suis le premier spectateur quand j’écris mes films. Je réfléchis à des acteurs. Mélanger l’icône de la jeunesse, incarnée par Nekfeu, avec l’icône éternelle qu’est Catherine Deneuve me paraissait intéressant. »

 

« Catherine a été très impliquée dans TOUT NOUS SÉPARE

»

 

Et qu’en est-il de Catherine Deneuve ?

Thierry Klifa : « J’ai écris ce film pour elle, comme on écrit une lettre d’amour. Si elle ne l’avait pas fait, je ne l’aurai pas fait. Elle a décidé de ma vocation puisque je suis tombé amoureux d‘elle quand j’ai vu Peau d’Âne, comme beaucoup de garçons de ma génération. Elle a décidé de ma cinéphilie puisque j’ai voulu la voir dans d’autres films. Cela m’a permis de découvrir des gens comme Truffaut, Polanski…

J’ai eu la chance de la rencontrer quand j’étais journaliste, puis de travailler avec elle. Et c’est le plus beau cadeau qui me soit arrivé dans ma carrière. Catherine a été très impliquée dans ce film. Je voulais connaître ses réactions. Elle a une vision très globale du scénario. Elle a vu que le personnage de la fille n’était pas très intéressant donc elle nous a aidé à le revoir. S’il avait fallu voter pour un chef d’équipe, je pense que toute l’équipe aurait voté pour Catherine. Sa force, c’est sa curiosité et son enthousiasme. »

 

« Diane a une intensité à la Romy Schneider » – TOUT NOUS SÉPARE

 

Et Diane Kruger ?

Thierry Klifa : « Cela faisait des années que je voulais travailler avec Diane Kruger, que j’adore. Mais elle a souvent eu des rôles très iconiques. J’ai toujours senti chez elle qu’il y avait une intensité, une fragilité, à la Romy Schneider. Mon rêve, si j’avais tourné un film dans les années 70, aurait été de tourner un film avec Catherine Deneuve et Romy Schneider.

Je n’ai pas pu les réunir, mais j’ai fait un film avec Catherine Deneuve et Diane Kruger. Et je trouve que, physiquement, c’est sans doute l’une des filles les plus crédibles de Catherine au cinéma. Elles ont cette blondeur, cette beauté hitchcockienne qui allait bien avec le contexte, et cette même distance par rapport aux situations. Il y a tout de suite eu une complémentarité et cette alchimie entre elles. »

 

TOUT NOUS SEPARE, à retrouver dans vos salles le 8 Novembre !

Continue Reading

INTERVIEW

DADDY COOL – Interview du réalisateur Maxime Govare et des acteurs Laurence Arné et Jean-François Cayrey

Published

on

DADDY COOL

♫ DADDY, DADDY COOL ♫

 

EspritCine est allé à la rencontre du réalisateur Maxime Govare et des acteurs Laurence Arné et Jean-François Cayrey. Pour la promotion de DADDY COOL, ils ont répondu à toutes nos questions. C’est l’occasion d’en savoir plus sur cette comédie qui sortira en salles le 1er Novembre !

 

« Je voulais que les enfants soient les personnages principaux » – DADDY COOL

 

C’est intéressant de voir ce qu’il se passe au moment où on pense à avoir des enfants…

Maxime Govare : « On est avec quelqu’un et on se demande si c’est avec cette personne que l’on veut avoir des enfants. On peut avoir été avec elle pendant 10 ans et se dire « non mais attends, ça va être engageant et sérieux ». Il y a des conséquences à ça. Aujourd’hui on peut se marier, divorcer, ne plus jamais se revoir. On peut aussi avoir un enfant avec quelqu’un, quels que soient les rapports que l’on a avec cette personne. C’est vrai qu’il y a beaucoup de comédies sur le divorce. Mais le sujet de mon film, c’est la paternité et la maternité. Je ne voulais pas que les enfants ne soient qu’un sujet mais qu’ils soient les personnages principaux à l’intérieur du film. »

Laurence Arné : « On joue tous un peu aux adultes, à se chercher, à jouer un rôle. Le personnage de Vincent Elbaz reste très authentique. Il est peut-être un peu enfantin… Mais il reste en connexion avec lui-même. Alors que les autres vont se chercher et, finalement, se dire que ce personnage leur fait du bien pour ça. Il a un côté révélateur chez les autres. »

Jean-François Cayrey : « C’est souvent un point d’échappement : le fait d’avoir des enfants. Pour un couple, c’est le moment où « on y va ou on n’y va pas ». C’est le moment où on se sépare. On voit beaucoup de divorces au moment où il y a décision d’avoir des enfants. D’un coup, ça explose. »

 

« Le véritable sujet, c’est la paternité » – DADDY COOL

 

Quel est le véritable sujet du film?

Maxime Govare : « La comédie, c’est comment garder des enfants. Mais le vrai sujet, c’est la paternité. Avec qui les faire, comment vivre sa vie,… Il n’y a pas de choix plus engageant dans la vie que de choisir avec qui faire des enfants et comment les éduquer. A côté, se marier, prendre un appartement, changer de boulot : c’est facile. »

Laurence Arné : « Ce qui me plaisait vraiment dans le scénario, c’était le couple. Je trouvais qu’il était moderne, représentatif de notre génération. Je trouve que, en général, dans les comédies, les femmes sont un peu passives et se laissent guider par les hommes. Ici, j’ai bien aimé parce que j’ai trouvé que c’est une femme qui a une énergie et qui amène beaucoup de choses… »

Maxime Govare : « J’ai été élevé par ma mère et j’ai trois sœurs. Pour le coup, j’en sais un peu quelque chose ! Je suis entouré de femmes assez fortes. La question de la parité dans ma génération, c’est quelque chose qui ne se pose pas. J’ai toujours vu des femmes à responsabilités, à pouvoir,… »

 

« DADDY COOL est de la matière vivante »

 

Parlez nous du scénario…

Maxime Govare : « C’est un travail avec les comédiens. Sur le tournage, on peut toujours changer des choses. Avec les enfants on ne pouvait pas rester trop enfermés. On se rend compte qu’il y a beaucoup d’imprévus qui peuvent tout modifier. Il y a des répliques qui ont été improvisées. L’idée, c’était de pouvoir échanger. A partir du moment où Vincent et Laurence arrivaient à tenir leur personnage, c’était bon. Quand Jean-François Cayrey arrivait, il y avait des interactions entre Vincent et lui. La seule contrainte était qu’il fallait que ça se tienne. Ce film, c’est de la matière vivante. »

 

« On avait une grande liberté sur le plateau » – DADDY COOL

 

Qu’en est-il du tournage?

Laurence Arné :« On avait une grande liberté sur le plateau. Encore plus avec les enfants. On s’amusait à proposer d’autres choses. Maxime nous laissait une liberté tout en nous cadrant. C’est plutôt intéressant d’écouter des propositions de chacun. »

Maxime Govare : « En général, on ne tourne pas longtemps avec des enfants. Quelques jours tout au plus. Là ils étaient vraiment là tous les jours. On était vraiment concentrés sur eux. L’idée c’était que tout le film repose autour d’eux, avec le questionnement des adultes sur la question de la paternité. Pas sur la question de la garde d’enfants. »

En écrivant, aviez-vous déjà une idée des acteurs que vous vouliez?

Maxime Govare : « Tout s’est d’abord construit sur le personnage de Vincent. J’avais très envie de tourner avec lui. Une fois que j’étais sûr de l’avoir, j’avais besoin de quelqu’un capable de jouer en face de lui, d’être aussi drôle, être belle. Le but était de croire dans le couple. Pour Jean-François, je voulais avoir quelqu’un de très contraire à Vincent. Je trouvais ça touchant que des personnages aussi différents puissent s’apprécier. Pour Grégory Fitoussi, j’avais besoin d’un sosie de Vincent mais en plus « propre », respectueux des règles et un peu chiant. D’habitude, il joue des trucs sérieux. »

 

« Tout s’est construit sur le personnage de Vincent » – DADDY COOL

 

Parlez nous du personnage de Vincent Elbaz…

Maxime Govare : « Le personnage de Vincent est un personnage à moitié conformiste. Il prend les enfants comme ses égaux. Il ne leur parle jamais de façon régressive. Les enfants ont été très proches de lui pendant le film. On ne peut pas parler d’anti-conformisme si on ne met pas de référence à ça. La cigarette en fait partie. Je ne voulais pas que le personnage soit un ado régressif.

Il a beau être en T-shirt, il n’est pas en jogging, avachi sur le canapé. On peut être un type formidable et ne pas forcément être à la recherche d’être le meilleur dans son boulot. Rien que le fait d’être quelqu’un de bien, c’est déjà ça. Cela fait un héro du quotidien. Souvent dans les comédies, les mecs ont toujours des agences de pub, etc. Mais je trouvais intéressant que lui ne soit pas défini par son métier. Il a des choses plus importantes à donner. »

Laurence Arné : « Le personnage de Vincent est vraiment dans le rapport aux autres. Il est dans le partage, dans l’échange… Il est humain. »

Maxime Govare :« En fait, il y a deux films en un. Il y a « Vincent et Laurence » et « Vincent et les enfants ». C’est aussi une histoire sur la paternité donc il faut aussi mélanger ces choses là. C’est pour cela que le film est présenté comme une comédie mais en même temps, il y a des moments plus émouvants à l’intérieur. »

 

« Je trouvais cela agréable d’avoir un personnage qui change des clichés de comédie » – DADDY COOL

 

Ses goûts musicaux sont très variés…

Maxime Govare : « Oui ! Il n’est pas rationnel, il fonctionne au cœur. Je trouvais cela agréable d’avoir un personnage qui change des clichés de comédie. Personnellement, je peux aller voir une comédie qui a un côté totalement improbable et aller voir un film d’auteur étranger. Je suis sûr que dans la vie, on est tous comme ça. On peut écouter un vieux disque et apprécier des musiques modernes. »

Laurence, votre rôle est assez riche…

Laurence Arné : « Oui ! C’est ce que j’aimais dans le scénario. Mon personnage est très riche et complet. Elle est très énervée au début, puis elle entre dans la comédie en partant dans du bluff. Il y a des moments d’émotion… C’est vrai que c’est ce qui me plaisait : le fait qu’il y ait beaucoup de choses à jouer.  Je suis très sensible à l’histoire. »

 

Le personnage féminin n’est finalement pas très heureux….

Maxime Govare : « Elle est entre le cœur et la raison. Chacun des deux hommes le symbolise d’ailleurs.Il y avait une chose importante : c’est elle qui porte le pantalon dans le couple. Elle a les responsabilités financières. Quand elle et le personnage de Vincent se sont rencontrés, ils étaient jeunes, un peu rocks et rebelles. Ils avaient tous les deux des métiers artistiques. Lui s’intéresse à la musique, elle dessine. Après, elle est prise entre sa carrière, l’image qu’elle a d’elle-même, celle qu’elle doit donner, et, en même temps, le fait d’être amoureuse d’un homme enfant. Au début, elle est dure car elle a des responsabilités. Tous les personnages ont une fonction. Par rapport à Vincent est dans une impasse. Il subit tout. Laurence adorerait ne pas l’aimer mais elle en est incapable. En écriture, les personnages ont souvent envie de quelque chose mais besoin d’autre chose. »

 

« Mon personnage est très riche et complet » – DADDY COOL

 

Pourquoi faire du personnage de Laurence Arné une dessinatrice ?

Maxime Govare : « Je voulais que le public comprenne que le regarde de Laurence change sur Vincent. Mais de façon originale et concrète (et pas juste avec des plans d’elle derrière une glace ou d’elle appelant une amie). Au début, je voulais qu’on puisse comprendre qu’elle avait quelque chose « d’arty » et de non classique. Pour justifier le fait qu’elle soit avec Vincent. »

 

Avez-vous appris à dessiner pour le rôle ?

Laurence Arné : « Non, c’est une jeune illustratrice (Audrey Bussi) qui a tout dessiné. Entre les prises, je lui demandais de me montrer le coup de crayon, les gestes. Parce que je ne sais pas dessiner. Mais c’était intéressant de la voir travailler. C’était assez impressionnant parce qu’elle partait dans une pièce. Mais elle a beaucoup dessiné sur le plateau. Elle est très douée. »

Maxime Govare: « Oui, Audrey est venue régulièrement sur le plateau pour dessiner plusieurs fois. D’ailleurs on voit sa main dans certains plans. »

 

« Quand on peut le plus, on peut le moins » – DADDY COOL

 

Jean-François Cayrey, parlez nous de votre rôle…
Jean-François Cayrey : « Maxime m’a demandé d’avoir une certaine retenue. Ce n’était pas difficile parce que j’ai l’habitude d’être exubérant. Quand on peut le plus, on peut le moins. Donc quand on a l’habitude d’être exubérant, et qu’on nous demande de freiner un peu, c’est plus simple. Alors que quand on est toujours sur la retenue et qu’on vous demande d’être exubérant, il manquera quelque chose. Ce sera fabriqué. »

 

« Faire rire est très excitant et représente un véritable challenge » – DADDY COOL

 

Préférez-vous les comédies ou les tragédies ?

Laurence Arné : « En général, je préfère la comédie. Faire rire est très excitant et représente un véritable challenge. Quand on est dans une comédie, il y a plus d’enjeux : passer de l’émotion au rire et du rire à l’émotion, c’est quand même le plus difficile. Une comédie, c’est difficile à réussir !»

Maxime Govare : « La comédie c’est plus dur parce que c’est plus dangereux. Parfois, il y a des choses qui me font rire mais qui ne font rire personne d’autre. L’histoire, les personnages vont-ils intéresser les gens ? Est-ce que ça va être drôle ? Je trouve que la comédie est plus gratifiante. Parce que quand on va dans une salle, si les gens rient, on a une récompense immédiate. Alors que dans une tragédie ou un drame, parfois il n’y a pas un mot… On ne sait pas si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle. La comédie est un art très codifié donc je trouve ça plus dur. »

 

Retrouvez notre critique de DADDY COOL

 

Continue Reading

INTERVIEW

ÉPOUSE-MOI MON POTE : Rencontre avec l’acteur-réalisateur Tarek Boudali et les acteurs Philippe Lacheau et Andy ! – INTERVIEW

Published

on

Épouse-moi mon pote

EspritCine est allé à la rencontre des acteurs et du réalisateur de ÉPOUSE-MOI MON POTE. Sortie dans les salles le 25 octobre !

 

« J’ai toujours eu envie de réaliser un film » – Epouse-moi mon pote – Tarek Boudali

 

Vous vous connaissez depuis longtemps, et là, les rôles sont échangés. Est-ce un chamboulement pour vous ?

Tarek Boudali: En fait, ça reste toujours un travail d’équipe. Il est vrai que là, moi j’ai un peu plus de responsabilités sur les épaules alors qu’avant c’était plus Philippe. Malgré qu’il n’est pas écrit le scénario, il avait un droit de regard dessus. Je lui ai envoyé et il faisait part de critiques et idées. Pareil, lorsqu’il a écrit « BabySitting 2 » ou « Alibi.com », il m’envoyait le scénario. On travaille vraiment ensemble pour se tirer vers le haut.

 

Cette envie de réalisation, vous l’avez depuis longtemps ?

Tarek Boudali: Je l’ai toujours eu dans un coin de ma tête, mais je me suis dit qu’il fallait que ça vienne naturellement. Je n’étais pas pressé pour réaliser car je m’éclate vraiment en tant que comédien. Et quand j’ai eu l’idée de ce scénario, que j’ai commencé à écrire, tout était déjà imagé dans ma tête. J’avais une vraie vision et je voulais aller au bout de mon projet. Je me suis dit que si je ne le réalisais pas, je l’aurais donné à quelqu’un d’autre mais elle aurait surement dénaturée.

 

« On aime jouer la comédie »

 

Quand vous dites imagé, vous saviez déjà que vous seriez le rôle principal, que Philippe jouerait Fred…?

Tarek Boudali: Quand j’ai eu cette idée, j’avais juste le pitch. J’en ai parlé à Philippe et Julien pour savoir si ça pourrait faire un bon sujet de comédie. Eux m’ont confirmé que oui. Et c’est là que j’ai tout de suite dit à Philippe que je le voyais bien joué mon faux mari. Il a accepté, c’était une évidence, alors que rien n’était encore écrit. Les autres comédiens sont venus un peu plus tard, une fois que le scénario était terminé.

 

Vous jouez beaucoup sur l’homosexualité. C’est tellement plein de clichés au départ, qu’on se demande si vous vous rendez compte ! Mais une phrase de Charlotte Gabris dans le film nous fait réaliser que vous êtes conscients. Pourquoi avoir voulu aller dans cette direction-la ?

Tarek Boudali : Quand j’ai écrit le scénario, je ne voulais pas me moquer, ni blesser. C’était vraiment très important pour moi. C’était la limite quand j’écrivais, de savoir si ça pouvait blesser quelqu’un. A partir du moment où je me disais que non, je ne le gardais pas. A aucun moment je ne me moque des homosexuels. Mais plutôt de deux mecs qui sont naïfs, qui se prennent pour des homosexuels et qui ont une vision erronée et clichée de cet univers. C’était important pour moi de les faire partir d’un point A vers un point B pour qu’il y ait une vraie évolution. Et effectivement la phrase de Charlotte est nécessaire pour que les personnages évoluent.

 

« Je ne voulais ni me moquer ni blesser personne avec ce film »

 

Il y a des moments d’anthologie dans le film. Il y a déjà la scène du pont qui n’a pas dû être facile à tourner…?

Tarek Boudali : Elle a été très dure à tourner ! C’était difficile car ça a demandé beaucoup de logistique. Deux jours de tournage ont été nécessaires. Il faut bloquer la seine et un pont. Il y a des figurants, des voitures, une péniche… C’est la journée que je redoutais le plus.

 

Vous faites vos propres cascades ou il y a des cascadeurs ?

Tarek Boudali : Non, on fait nos cascades nous-mêmes.

Philippe Lacheau : Moi j’étais tenu par des câbles sur le pont, c’est haut (rires). Ça donnait le vertige. On essaie de les faire au maximum quand on peut les faire.

Tarek  Boudali : Moi ça m’excite. J’ai eu une révélation surtout depuis « BabySitting 2 » où l’on faisait toutes les cascades nous-mêmes. Les sensations extrêmes en général me plaisent.

 

Il y a un autre moment exceptionnel, la scène de la danse…

Tarek Boudali : Philippe et moi, on se débrouille plutôt pas mal en danse. On sait utiliser notre corps (rires). On n’est pas mauvais. J’ai un ami qui est danseur professionnel. Je lui ai parlé du projet en lui demandant une petite chorégraphie et on a travaillé ensemble. On a fait plusieurs heures de répétitions pour arriver à ce résultat.

Philippe Lacheau : On est prêt pour « Danse avec les Stars » (rires).

 

« C’est très compliqué de commencer dans le cinéma »

 

Parlons des autres acteurs. Comment Andy est arrivée sur le film ?

Tarek Boudali : Andy, c’est une très bonne surprise ! Je ne connaissais pas son travail pour être honnête et je cherchais la personne qui allait interpréter le rôle de Claire et les producteurs m’ont parler d’Andy. J’ai regardé son travail sur Youtube, et j’ai trouvé ça très drôle, très frais. Elle a adoré le scénario.

 

Comment avez-vous vécu cette première expérience au cinéma ?

Andy Rowski : Je l’appréhendais beaucoup. Pour moi, le cinéma ne m’intéressait pas au début car le rythme est beaucoup plus lent. Sur Youtube on tourne tout en une journée, là c’est une à deux scènes par jour. Je me disais que je n’aurais pas la patience de faire ça et de jouer différemment, car l’on a quelqu’un qui nous dirige. Au final, c’était une bonne surprise.

 

Quel a été votre réaction à la lecture du scénario ?

Andy Rowski: J’ai trouvé ça cool. Ce n’est pas un personnage qui est très loin de moi. Ce n’est pas comme si je devais me mettre dans la peau d’un autre personnage, à part au tout début du film. Je n’ai pas vu ça comme un challenge, plus comme quelque chose de difficile à faire.

 

« Tourner au Maroc m’a provoqué beaucoup d’émotions »

 

Vous avez tourné au Maroc ?

Tarek Boudali : Oui. On a quasiment tout tourné en Ile de France et quelques jours au Maroc, sur mes terres d’origine. On a tourné ces scènes a la fin du tournage, et c’était beaucoup d’émotions. C’est là où j’ai un peu relâché la pression. Je me suis revu gamin en train de galérer dans la campagne, à utiliser la caméra de mon père pour filmer ma petite sœur.

 

Comment avez-vous atterri dans le cinéma ?

Philippe Lacheau : On a couché (rire général).

Tarek Boudali :  C’était compliqué. Nous, nous sommes amis avant même d’avoir commencé à travailler ensemble. Julien Arruti et Philippe ont grandi ensemble, et moi j’ai connu Julien au BTS puis Philippe. On avait la même envie de faire de la télé, du cinéma…

Philippe Lacheau : Sauf qu’il y avait un problème, on ne connaissait personne dans le cinéma, ni en télé. Aucun contact, donc ce n’était pas évident.

Tarek Boudali: Et à force d’acharnement, on a réussi. Philippe a commencé à faire de la télé, puis il a ramené ses copains. Ensuite, on a fait 4 ans à Canal+. On a eu des périodes très difficiles, très creuses. Pendant l’écriture de « BabySitting », personne n’en voulait. On avait plus de travail, plus rien pendant un an et demi. Tu te poses la question de savoir s’il ne faut pas arrêter et chercher du boulot. Après, nous avons rencontré des producteurs qui ont cru au projet et ça a démarré.

 

« L’adaptation de Nicky Larson est en préparation »

 

Vous aimez martyriser les animaux entre « Alibi.Com » et ce film…(rires).

Philippe Lacheau : On nous le dit souvent. Mais les deux films ont été écrit en même temps et tous les deux, on a trouvé des gags avec des chiens. Et comme les deux films se sont enchaînés… Mais les chiens vont très bien (rires).

Tarek Boudali: J’adore vraiment les animaux. Dans une autre vie, j’aurais aimé travailler avec les animaux.

 

Vous avez un autre projet de réalisation ?

Tarek Boudali : Philippe est en train de préparer l’adaptation de « Nicky Larson ». Ce sera le prochain film que l’on va tourner. Et moi je suis en train d’écrire aussi un autre scénario de mon coté, une comédie.

Philippe Lacheau : Plusieurs personnes nous comparent au Splendid. Si on pouvait faire des films ensemble toute notre vie, on serait vraiment ravis. On travaille entre copains, on a vraiment de la chance.

 

Et de faire un autre genre de film, autre que de la comédie ?

Philippe Lacheau : Je sais que Tarek et moi, pour l’instant, on en a pas vraiment envie. Andy, elle, adore les films d’horreur.

 

Découvrez notre critique complète !

 

Continue Reading

Tendances