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EspritCine est allé à la rencontre de Lorraine Levy, Omar Sy et Hélène Vincent. Il nous ont, bien entendu, tout confié sur leur dernier film KNOCK. A retrouver dans toutes les salles dès le 18 Octobre 2017 !

 

« On essaye de dire des choses sur notre société tout en gardant le sourire ! »

 

KNOCK, votre film, est une réadaptation de la pièce de Jules Romains, écrite en 1923. Pourquoi avoir situé votre histoire dans les années 1950?

Lorraine Levy : « En 2017, cela n’aurait pas été crédible. A l’ère d’internet, il n’y a pas une question qui ne trouve de réponse immédiate. Il fallait que cela s’inscrive dans un passé. Les années 50 me paraissaient un bon compromis. »

 

Le personnage principal est un médecin noir. Le racisme était omniprésent à cette époque. Pourquoi ne pas en avoir parlé d’avantage ?

Lorraine Levy : « On en a beaucoup parlé avec Omar. Nous étions complètement d’accord sur le fait de ne pas faire un film sur le racisme. Tous les films traitant du racisme étaient nécessaires mais nous voulions passer à autre chose. Mon Knock est noir, mais on passe à autre chose. Les gens du village vont chercher sa différence parce que chacun cherche la différence de l’autre.

Mais on ne pose pas comme un espèce de pierre d’évidence, et donc de séparation possible, le fait qu’il soit noir ou sa religion ou sa sexualité. Chacun vit sa vie et on passe à autre chose ! Passer à autre chose c’est raconter une histoire… Qu’on espère belle, drôle, émouvante et qui essaye de dire des choses sur notre société tout en gardant le sourire. »

 

« Je ne connaissais pas KNOCK »

 

N’était-ce pas osé de reprendre ce personnage si connu ?

Omar Sy : « Ce que je dis souvent au cours de la promotion du film, c’est que ce que l’on prend parfois chez moi pour du courage, c’est de l’ignorance ! Je ne connaissais pas Knock. Ni celui de Louis Jouvet. J’y suis allé un peu par inconscience ! Je l’ai appris après, mais c’était évidemment trop tard pour dire non. J’avais déjà accepté. Et je suis quand-même un homme de parole ! Par contre, je n’ai pas de formation classique. J’ai une trajectoire particulière qui n’est pas « comme les autres ». Quand je suis confronté au classique, je me demande donc si j’y ai droit. Il est vrai que le fait que le Knock de Lorraine Levy soit une adaptation m’a aidé à accepter. »

 

« Louis Jouvet jouait le KNOCK de Jules Romains, et moi je joue celui de Lorraine Levy »

 

Omar, votre adaptation de KNOCK est radicalement différente du personnage d’origine…

Omar Sy : « C’est justement l’ambition: de se détacher, de faire autre chose. C’est une adaptation donc certainement pas la même chose. Louis Jouvet jouait le Knock de Jules Romains, et moi celui de Lorraine Levy. Ce n’est pas le même mais c’est justement celui-là qui m’intéresse. Il a de l’humanité et est un peu plus lumineux. Parce que l’autre me fait peur et je ne sais pas si je pourrais le jouer. De toute façon, il est très bien fait. Donc on n’y touche plus et on fait autre chose. C’est mon but. »

 

« KNOCK est une libre adaptation du texte d’origine »

 

Ne vous êtes vous pas justement inspiré du personnage de Louis Jouvet ?

Omar Sy : « Surtout pas ! Il fallait justement s’en éloigner. Ce n’est vraiment pas le même. Il est inspiré du Knock de Louis Jouvet mais le notre est entouré. Il rencontre autre chose, a un passé. Notre personnage est dans une histoire où il y a d’autre personnes. Notre village existe. Knock est face à quelque chose et c’est ce qui est intéressant à mes yeux. Son interaction avec le village et les autres personnages. »

Lorraine Levy : « Il n’y a rien d’extravagant à s’amuser avec Knock après Jouvet. Je n’ai jamais entendu qu’un acteur soit le propriétaire d’un rôle. Un rôle passe de vie en vie, d’acteur en acteur, et chacun l’interprète à sa manière. Louis Jouvet ne l’a jamais enfermé dans une vitrine depuis le film de 1951 ! Je n’ai pas eu l’impression avec notre Knock de me mettre en parallèle. Ce n’est pas une réadaptation.

C’est juste une libre adaptation du texte d’origine. Quand Jules Romains écrit sa pièce, on est en 1923. Toutes les théories de la suprématie arienne voient le jour. Son Knock est empreint de tout ça. Aujourd’hui, il y a un thème qui me semble actuel : la place de l’étranger dans la cité. Je me suis éloignée de la réflexion de Romains pour en avoir une autre, qui, finalement reste liée. Mon Knock est plus solaire, plus généreux mais je n’ai pas gommé cette ambiguïté. Ce qui sauve mon personnage, c’est l’amour d’une jeune femme qui est dans la vérité et dans la simplicité des choses. Elle va le remettre dans le sensible. »

 

« C’était un projet difficile »

 

Parlez nous du personnage de KNOCK…

Hélène Vincent : « Il arrive avec un charme incroyable qui se manifeste dans le fait qu’il écoute les autres. Le fait de les écouter, de les regarder, les plonge dans une espèce de transe très désirante. Mon personnage (la veuve Pons) échappe à un destin tragique de femme qui s’ennuie. On sent bien que le village est un peu endormi. Jusqu’à l’arrivée de Knock, une surprise majeure qui revoit les cartes relationnelles du village. Il lui redonne de la vie. »

Lorraine Levy : « Tous les personnages sont en manque de tendresse et Knock leur apporte, même si ce n’était pas sa volonté première. »

Omar Sy : « Exactement ! Il pense que c’est à sens unique mais c’est dans les deux sens. »

 

Pourquoi avez-vous mis autant de temps pour réaliser votre film ?

Lorraine Levy : « C’était un projet difficile. Beaucoup de questions se sont posées et il faut du temps pour arriver à convaincre. C’est un film qui part avec beaucoup de handicaps. Il n’y a pas une scène de sexe, pas un meurtre, pas un cambriolage, aucune scène de prise de drogue… C’est une petite bulle d’un village. Knock, c’est comme un conte à l’intérieur duquel on essaye de raconter des choses avec une galerie de personnages dont je suis très fière. Les acteurs de ce film sont merveilleux. Ils peuvent donner vie à leur fantaisie, à leur folie avec un art consommé de la mesure. »

 

« Une rencontre entre la poésie et le comique »

 

Comment décririez-vous votre film ?

Lorraine Levy : « J’adore le terme de comédie ambiguë. Une comédie, c’est un grand sac fourre tout. Mais « comédie ambiguë » exprime la force et la puissance corrosive qu’une comédie peut avoir. Et Knock, c’est ça! Que ce soit le texte écrit en 1923 ou ma version, il y a moyen de prendre un plaisir d’enfant. Ma plus grande émotion, je l’ai eue à 7 ans devant un spectacle de Guignol. Depuis, je cherche à retrouver cette émotion. Avec Knock, je cherche également à la provoquer. Certaines scènes, peuvent être qualifiées de burlesques. C’est un art que j’adore. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on peut aller très loin dans la farce. C’est une rencontre entre la poésie et le comique. »

 

Découvrez notre critique complète du film !

 

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