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CRITIQUES

15h17 pour Paris – La véritable histoire des héros – La Critique

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15h17 pour Paris

The Eastwood machine

Le nouveau film d’un des metteurs en scène les plus adulés de la planète, ça fait toujours du bruit. Et c’est bien le cas pour 15h17 pour Paris.  Clint Eastwood continue avec ce film la thématique des Biopics Américains, qu’il affectionne tout particulièrement ces dernières années. Les deux derniers en en date étant, American Sniper et Sully. Mais n’oublions pas le méconnu Jersey Boy et le fameux J.Edgar retraçant la vie du fondateur du FBI . En bref la décennie 2010 semble être sous le signe de l’hommage des « héros Américains », qu’ils soient discrets ou populaires. Un thème qui continue de plus belle dans son dernier film.

Le 21 août 2015, trois amis militaires Américains empêchent un attentat. Effectivement, ce jour-là à bord du Thalys en direction de Paris, un terroriste s’apprête à tirer et à établir un véritable massacre dans ce train. A travers cette histoire nous voyons le passé des ses trois amis, qui sont depuis toujours destinés à l’altruisme et peut-être même à être des héros.

Inspiré de faits réels, le film retrace l’incident, et la tentative d’attentat qui a eu lieu le 21 Août 2015, à bord du Thalys en direction de Paris. Un drame puissant et pertinent comme seul Eastwood sait les faire. Malgré quelques moments de flottement, le film reste plus que correct.

 

La recette Eastwood

 

Bien que ce film soit tiré d’une histoire vraie, Clint Eastwood dilue le principal événement pour prendre le temps de nous raconter une histoire tout autre. Celle de jeunes Américains, n’arrivant pas à trouver leur place dans le système, qui finalement sont des « héros » dans l’âme.

Après réflexion on peut déjà remarquer que ce film est l’un des plus courts de la carrière du réalisateur (1H35). Un film concis et efficace où le réalisateur prend tout de même le temps de regrouper toutes les thématiques qui lui sont propres. On trouvera donc le patriotisme, l’amitié, la religion et des personnages très typés Eastwood.

Mais derrière cette recette classique, le réalisateur en profite pour créer une critique acerbe du système Américain. Tout d’abord, le système éducatif, les jeunes protagonistes sont confrontés à un milieu qui ne les accepte pas. Mais ils vont prendre un malin plaisir à défier et à contourner le règlement. Estwood film une sorte de rébellion face au système qui va créer l’amitié qui, va unir les personnages. Une version transposée, des situations des films de western.

On retrouve aussi la détermination des personnages. Des séquences d’entraînements et d’engagement viendront soutenir le propos du film. Ils sont avant tout déterminés à accomplir quelque chose, réaliser leurs rêves. Une très belle fable humaine et amicale, qui ont depuis toujours nourri les films du réalisateur, surtout pour ses personnages un peu marginaux.

D’ailleurs un peu ironiquement, les personnages trouveront finalement leurs places en intégrant l’armée. Se mettre au service de leur pays, pour défendre ses habitants et ses valeurs. C’est ainsi qu’ils trouveront leurs places.

15h17 pour Paris

Une mise en scène efficace

Un film de Clint Eastwood, en plus d’être souvent de très belles histoires, c’est aussi être assuré de voir une réalisation et une mise en scène superbe. 15h17 pour Paris, est en fait un long-métrage aux qualités esthétiques et narratives indiscutables.

Tout d’abord, la narration. Le speech original du film se fonde sur un événement précis qui est la tentative d’attentat et l’intervention de ces trois citoyens Américains pour le déjouer. Une histoire passionnante, mais très courte. Le réalisateur arrive à passer outre ce problème en racontant la « backstory » de ses personnages. Il décide même d’entremêler les séquences du train avec les flashs back. Le fait de dissoudre son récit apporte de la tension supplémentaire dans les actions. Même si nous connaissons le dénouement, Clint Eastwood arrive tout de même à nous surprendre.

Autre parti pris du film consiste à donner une vision très manichéenne du méchant. Le terroriste n’a aucune ligne de dialogue et n’apparaît jamais en gros plan. Il n’est pas là pour avoir une histoire, mais pour incarner le mal absolu. Incarner le méchant de cette manière apporte une dimension presque horrifique au film. Ce qui est très efficace lors des scènes de tension.

Mais la véritable prouesse et originalité est le casting. Pour rendre le film encore plus réaliste, le réalisateur a choisi les trois véritables personnes pour incarner leur propre rôle. Une mise en abyme unique qui donne une saveur toute particulaire aux interprétations de ces trois acteurs en herbe. Eastwood a pu ainsi livrer une retranscription minutieuse et détaillée des faits. Le film se rapproche presque d’une reconstitution à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Une expérience unique.

 

Une répétition de style

 

Voici le temps du petit paragraphe coup de gueule. Car 15h17 pour Paris reste un bon film de genre, très détaillé et très réaliste dans ses intentions, mais une impression de redite se fait sentir. Pas par apport à l’histoire, qui elle est inédite et jamais traitée. Mais par apport au style du réalisateur.

Clint Eastwood nous avait habitué aux files des années à des films originaux et variés. Mais depuis quelques années sa détermination à vouloir nous plonger dans des Biopic, cela devient presque rébarbatif. Car le côté militaire du système Américain avait déjà été abordé dans American Sniper, et le style du film ressemble tout de même beaucoup à Sully. Un aspect rébarbatif qui on espère sera rectifié avant l’overdose. Car mettre une mauvaise note à un film de Clint Eastwood serait une expérience douloureuse.

De plus on pourrait lui reprocher certains moments de flottement. Notamment lors du voyage, où la simple action de la séquence est de les voir se balader en ville sans trop d’intérêt. Il veut aussi nous faire douter de, si oui, ou non, ils prendront un train pour Paris. Un suspense inutile car nous en connaissons déjà la réponse. on peut aussi s’attarder sur un côté religieux un peu trop surexploité dans ce film, ce qui peut laisser une partie du public un peu dubitatif.

Enfin, ces petits malus qui n’enlèvent rien à l’efficacité du film.

15h17 pour Paris

La mutation Eastwood

 

On ne distingue plus vraiment les aspects de ses films tels que Impitoyable, Sur la route de Madison ou encore One Million Dollars Baby. Mais un nouveau style jaillit de sa réalisation, un attachement plus profond à l’histoire de son pays. Et pas forcément l’Histoire avec un grand « H » mais les petites histoires qui construisent de grands destins. Pas étonnant qu’il soit dorénavant en compétition avec Spielberg ou encore David O. Russell, pour les adaptations de certains romans biographiques. Comme ce fut le cas pour American Sniper. Eastwood est devenu l’un de ces conteurs d’histoires, qui tient à nous dévoiler des faits auxquels nous n’avons peut-être pas assez prêté attention.

En sommes 15h17 pour Paris, n’est pas forcément le meilleur film de la carrière du réalisateur. Mais il jouit d’une vision et d’une mise en scène novatrice très bien équilibrée. Clint Eastwood réussit encore à nous surprendre.

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